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publie par Thierry|

Tombolo

Il y a près de quatre ans, sur l’invitation généreuse de Renaud Huberlant, j’entamais, avec la co-animation de ce blog, un exercice de balisage du flux informationnel de la toile et une tentative modeste de décryptage des enjeux et des élans du graphisme contemporain.
Aujourd’hui, après avoir chaleureusement remercié Renaud pour son invitation et Simon Lagneaux pour son travail de développement et de suivi de cet interface, je vais poursuivre cette aventure critique et pédagogique au sein de l’espace plus collectif proposé par la revue en ligne Tombolo.
Cet article est donc le dernier que je produirai, non sans quelque émotion, sur 2 ou 3 choses que je sais d’elle… la typographie.

Un tombolo c’est ce genre de talus qui protège ou constitue le lien littoral entre deux étendues terrestres. Une forme d’isthme, une langue de sable dans la mer qui s’accroche à une île. Un dépôt sédimentaire résultant du mouvement des flux, des vagues, des courants, des dérives marines. Un centre, un milieu, un lien qui articule et dessine les formes. Une plage, une marge. Un tombolo c’est aussi un tumulus, un tas qui contient, dissimule, des choses à fouiller, remonter…

Tombolo est une nouvelle revue en ligne qui voudrait créer des liens entre les archipels du savoir sur le graphisme et plus si affinités, dans une forme critique propre, avec des contributeurs d’ici et d’ailleurs.
Tombolo se structure géologiquement par strates. En surface affleure la couche Flux constituée par de courts articles à la volée. En fouillant, on découvre Meta, la strate des textes plus denses et nourris. Puis vient la couche des Entrevue(s) avec des personnalités du champ élargi du graphisme. Enfin, au plus profond, le discours se nourrit du Beauregard, ce substrat fluctuant des productions goûtées d’images fixes et animées…

Strates, sédiments et couches

Tombolo a été initié par officeabc (Catherine Guiral, Brice Domingues) et votre serviteur.
Tombolo a été conçu et développé graphiquement par Muriel Issard, Manuel Zenner et Ambroise Maupate.
Tombolo sera nourri des contributions d’Alexandru Balgiu, Christophe Lemaitre, Jérôme Dupeyrat, Benoit Buquet, Vivien Philizot, Randy Nakamura et bien d’autres…

A tombolo is a kind of slope that protects or constitutes a coastal link between two land areas. It is a kind of isthmus, a spit of sand in the sea that clings to an island. It is a sedimentary deposit resulting from the movement of waves, flows, marine drifts. It is a center, a middle, a link that articulates and draws shapes. A tombolo is furthermore a tumulus, a heap that contains, conceals numerous things to dig, to research, to extrapolate…

Tombolo is a new online journal, which aims at creating links between the different archipelagos of knowledge on a little more than just graphic design, in a genuine critical form molded by its various contributors.
Tombolo is geologically structured by strata. ‘Flux’ is the surface layer and consists of short articles and reviews. A bit deeper lies ‘Meta’, which is the stratum of cunning texts, essays and research material. Then comes ‘Entrevue’ that will present a series of conversations with different personalities from the expanded field of graphic design. Finally, we reach the deeper stratum, ‘Beauregard’, where discourse finds its fuel in a substratum of selected images and film clips…

Tombolo was initiated by officeabc (Catherine Guiral & Brice Domingues) and Thierry Chancogne.
Tombolo was designed and developed graphically by Muriel Issard, Manuel Zenner and Ambroise Maupate.
Tombolo will gradually be layered with texts by Alexandru Balgiu, Christophe Lemaitre, Jérôme Dupeyrat, Benoit Buquet, Vivien Philizot, Randy Nakamura, and many more …

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publie par Thierry|

Ecstatic Alphabets

Des corps en mouvement plus ou moins médiatisés comme autant de potentiels typographiques. Une série de collages de Paulina Olowska inspirés par le livre avant-gardiste Abeceda de 1926 — dans lequel les vers du poète tchèque Vítězslav Nezval s’articulaient aux photomontages constructivistes du typographe Karel Teige — pour vous parler de la passionnante exposition historique et prospective du Moma Ecstatic Alphabets dont une très complète et précieuse documentation est accessible sur la toile ici.

Illustrations : Paulina Olowska. Body Movement Alphabet Study. 2007

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publie par Thierry|

La grande Ourse 2012

Une édition et une exposition au Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont pensés comme territoire de frictions entre les domaines plus ou moins repérés et hiérarchisés de l’art, de la critique et du graphisme émergents. La résultante d’une résidence de recherche de trois mois menée au Parc St Léger, Centre d’art contemporain, par trois plasticiens issus des trois Écoles nationales supérieures d’art de Bourges, Cergy et Dijon : Amélie Deschamps, Camille Le Houezec, Mickaël Valet, par un théoricien : Gallien Déjean, et un duo de graphistes : Sacha Léopold et François Havegeer. Une résidence et un objet, constellations articulant des parcours de la pratique, de la médiation et de la réflexion de l’art. Une Grande Ourse.

L’exposition se tiendra à la Banque de France dans le cadre du Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont.

Les appels à candidatures pour la session 2013 (à déposer avant le 13 juillet prochain) sont disponibles ici.

Illustrations : les feuillets de l’édition sous film plastique ; les graphistes fatigués de leur entreprise de musculation en colportant les cartons des multiples de l’édition.

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publie par Thierry|

Rhétoriqueurs

Lorsqu’on envisage cette façon qu’a un texte écrit de venir s’inscrire avec une certaine conscience, une certaine intention, sur l’espace d’une page, on pense à une certaine tradition de la graphie moderne. Une graphie « on the self reflexive page » pour reprendre l’expression de Louis Lüthi, qui n’est pas forcément l’apanage exclusif du graphiste « écrivant » mais plus largement de l’écrivain.

Une généalogie de cette attitude de l’inscription rencontre l’écume et le chiffre cryptographique du texte Mallarméen, les magies du calligramme d’Apollinaire, mais elle n’évoque que trop rarement les jeux complexes des rhétoriqueurs.

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Avec les doux noms de Guillaume Cretin, Jean Lemaire de Belges ou Jean Bouchet, c’est d’abord à une façon de considérer le texte comme un terrain de jeu intrinsèque, dès cette première modernité de la fin du quinzième siècle plus ou moins français. Assonances, homophonies, acrostiches, équivoques, messages cachés et autres figures de l’énoncé et de son énonciation. Un formalisme littéraire de poètes de cour, un exercice intellectuel jubilatoire qui prend la langue — une langue étrange, ancienne et pourtant familière — comme matériau de travaux architecturaux et sémantiques.

On découvre alors d’incroyables cent mille milliards de poèmes bien avant la lettre, de merveilleux cryptogrammes réglés très avant qu’on s’ouvre aux potentiels de la littérature. Mais on assiste aussi, avec les rondeaux de Jean Marot, à une étonnante façon d’intégrer la géographie et les géométries du texte – au dessus, en dessous, entre – autrement dit, l’art de la composition typographique, au jeux de sens et de forme de l’expression poétique.

Illustrations :
1_ Paul Zumthor, Anthologie des grands rhétoriqueurs, 10 18, 1978, couverture de Pierre Bernard, homonyme du fameux grapusien qui me trompa ainsi que Philippe Millot et, paraît-il Karel Martens…
2_ Jean Molinet, Rondeau à lecture multiple, entre 1477 et 1492.
3_ Destrees, Vie de sainte Marguerite, 1501-1504.
4 et 5_ Jean Marot, l’homme dupé, recueilli en 1536, OEuvres de Clement Marot revûes et augmentées, Chez P. Gosse & J. Neaulme, La Haye, 1731
6_ Jean Marot, rondeau en rébus, 1506 ?

Merci à Jill

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If/then dance

Line up the colour. (Domino)

Hide the shown colour.

Combine all parts of the colour. (Rubiks's Cube)

Mimic the moves with the same colour.

Show off the colour.

 

Des costumes colorés pour une dance à consignes. Une couleur est définie : rouge, jaune, ou vert. Des instructions sont données : Aligner la couleur (illustration 3), Cacher la couleur (illustration 4), Combiner les couleurs — à la façon d’un Rubik’s cube — (illustration 5), Imiter les mouvements avec la même couleur — la couleur référence est agitée — (illustration 6), Mettre en valeur la couleur (illustration 7).

IF THEN DANCE, Une performance et une video de 12 min réalisées dans le cadre du diplôme 2011 de Béatrice Barth à la merveilleuse Klass für System Design menée par Oliver Klimpel et Lina Grumm à l’Académie des Arts de Leipzig.

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Mitim

Mitim. Trois lettres interpolées en palindrome. /Mit/, en néerlandais comme en allemand avec. Trois sommets, un effet de symétrie et de circulation. La structure triadique du signe. De ce qui tient lieu. De ce qui relie. Signifiant, Signifié, Référent.

Mitim, une typographie dessinée par Radim Pesko pour Dot dot dot. À nouveau trois signes et une diffusion. Trois points qui se suivent et invitent à la poursuite, même si la périodicité de cette indispensable revue a cessé après 10 ans et vingt numéros.

Mitim, plus qu’un simple dessin de caractère, si toutefois cette expression a un sens, un projet artistique auto-réflexif. Un alphabet qui évolue et s’adapte au cycle des parutions de la revue.

Mitim, Un romain de labeur plutôt robuste et stable. Un caractère aux empattements justement triangulaires, mais qui se changent rapidement en empattements filiformes. Un romain entre ancien et moderne selon l’expression de Francis Thibaudeau. Un dessin globalement géométrisé cultivant dans le détail d’étranges effets de rupture. Formes angulaires qui s’infléchissent sans préavis. Empattements biseautés. Soudaines terminaisons enroulées. Fûts décrochés. Apexs bouchés ou traverses distendues. Italiques inversées…

Mitim, une typographie prise de secrets envies de mouvement et de collection. Tout un répertoire de formes maniéristes et de références historicistes qui rappellent ces Elzévirs tardives du XIXe ou du début XXe. Ces incises éclectiques qui reprenaient les alphabets de l’âge classique et aristocratique à l’ère de l’industrie et de la démocratie. Ces fontes qui, déjà, étaient des images d’alphabets, des typographies écho, des abécédaires réfléchis…

Mitim, dans sa version Gamma, une fonte de recueil développée avec Louis Luthi, observateur des formes spéculatives et narratives de la graphie. Un vocabulaire de collecte, regroupant différentes figures historiques — populaires, commerciales ou savantes — de graphies typisées. Marque jaune, point d’ironie, hermine bretonne, emblèmes des cigares du pharaon, pictogramme disneyen… Efforts vers le symbolique, l’abstraction culturelle consentie, la typographie enfin, entre image et lettre, magie et calcul.

Illustrations, de haut en bas : Mitim Gamma, pictogrammes ; Mitim Kappa italique ; Mitim Lambda ; Mitim Theta capitales ; Dot dot dot n°13, quatrième de couverture.

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Projets pour Aperto

Un espace frontal. Un espace théorique où le cadre de l’image vient coïncider avec la face transparente en avant plan d’un parallélépipède rectangle de démonstration. Théâtre, fenêtre albertienne ouverte sur un espace de projection et d’expérimentation. Maquette de travail, modèle réduit, prototype.

Puis le surgissement d’événements. Des mains, des bribes, des fragments, se composant et se décomposant, au fur et à mesure du bégaiement d’actions handicapées par des outils inadaptés, le souffle d’un compresseur, un bâton, un pistolet forain…

L’investissement d’un corps bricolant des matériaux pauvres et fragiles, souvent industriels, souvent de récupération. Des présences sensibles, sensibles au souffle, à la manipulation, à l’altération.

Aussi la tension d’une distance. Un jeu. Des difficultés d’accommodation. Des objets plus ou moins formés, des espaces, des temps fractionnés, plus ou moins finis, plus ou moins infinis. Des images plus ou moins épuisées qui se déploient, hésitent et disparaissent.

Des réalités incertaines, des artefacts manifestes : icônes culturelles stéréotypiques, pâte à modeler, décor. Entre tentation du monumental et impossibilité d’achèvement, des formes modestes de remaniement, des arrangements de transit, sans cesse déportés, sans cesse enchaînés.

Projets pour Aperto de Josue Rauscher, 2011.

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Spectre sceptre respect

Des images qui apparaissent dans le spectre d’un son. Des fichiers midi qui font jouer en multipiste, non les notes, les impulsions et les longueurs dans les tessitures de chaque instrument mais les « sons image » de chaque instrument (les noms typographiés dans le spectre du son) aux hauteurs désirées : en anglais bass, rythm, leads…
Des histoires de traductions qui se redoublent, s’interpolent, se télescopent et font finalement apparaître l’idée de traduction en elle-même.

Une traduction, un spectre, dont Jacques Rancière nous rappelle qu’elle est au fondement de notre système de dénomination des sensations, de partage du sensible, séparant par exemple le son et l’image, l’image et le texte. Un système de désignation qui est aussi l’aboutissement, comme le souligne Christian Metz, d’une négociation sociale, d’un effet de pouvoir, un sceptre.

Une traduction dont Roman Jakobson nous précise qu’elle est au cœur de la dynamique d’un sens qui est toujours la traduction d’un signe par un autre signe, une reformulation, une interprétation, une transmutation entre deux messages et deux codes différents. La recherche d’une équivalence, d’un respect, dans la différence.

Une recherche menée par Kevin Bray.

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L’impossible

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Un journal qui se contracterait et se diluerait au format des 127 pages d’un grand poche piqué. Des grotesques de titrage, étendues, contractées, des réales de labeur, des filets, du rouge, du noir, couleurs du signe. Des jeux de décadrage, des chapos, des encadrés, de courtes et denses colonnes en apesanteur, qui joueraient avec la cinétique et le blanc des pages.
L’impossible, par Julie Rousset.

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