Compliqué

mariushofstede2mariushofstedemartinemathijsenmartinemathijsen2jiminiehamevisvandeursenje découpe, tu plies, je m’implique dans la logique du médium, de la feuille et de la séquence architecturée du livre. Auto-réflexivité du graphisme, information complexe ou dialogique à l’ère postmoderne du numérique et de l’absence de centre, d’ailleurs et de paradigme. « Contenu formel » du livre qui se structure et se dissimule, se duplique et se complique tout en gardant une continuité et en gagnant une forme qui est aussi une information.
Je ne résiste pas, dès lors, à citer Étienne Cliquet, puis à vous livrer deux extraits des cours de Gilles Deleuze qui évoquent avec vie et cabotinage virtuose la question du contour et du pli.

« À travers l’acte de plier une feuille, je me préoccupe du pliage de toute chose comme l’information et le sens car l’étymologie du verbe plier renvoie à des termes comme implicite, explicite, appliqué, complexe ou impliqué qui proviennent tous du latin « Plicare », plier. »

« Dès lors, le contour, c’est quoi ? Très intéressant ça. Le contour, dans la mesure ou forme et fond sont saisis sur le même plan, le contour est comme indépendant de la forme. Le contour est autonome. C’est le contour géométrique, il est indépendant de la forme organique. C’est le contour géométrique. En d’autres termes, il vaut pour lui-même, pourquoi ? Parce qu’il est la limite commune de la forme et du fond sur le même plan. Il est la limite commune de la forme et du fond sur le même plan, donc il est autonome, il ne dépend pas directement de la forme, il ne dépend pas du fond. Il sépare et rapporte les deux indissolublement. Il réunit la forme et le fond et il sépare la forme et le fond. Il réunit en séparant, il sépare en réunissant. Où réunit-il et où sépare t-il ? Sur un seul et même plan. Autonomie du contour. Le contour est alors cristallin géométrique. »

« L’inclusion est la raison de l’inflexion. L’inflexion est la raison de la courbure. Il fallait bien plier les choses pour les mettre dedans. […] Ce qui est plié, ou si vous préférez ce qui est courbé, puisque l’inflexion nous a paru l’élément génétique du pli, ce qui est plié, ou infléchi, ou courbé d’une courbure variable, est par là même enveloppé dans quelque chose. […]
Enveloppé, en latin, c’est involvere, ou implicare. Impliqué, enveloppé, c’est la même chose. Implicare, c’est quoi ? C’est l’état du pli qui est enveloppé dans quelque chose, qui est impliqué dans quelque chose. Ce qui est plié et par la même impliqué dans quelque chose. »

De haut en bas Marius Hofstede (illustrations 1 et 2, 2008), Martine Mathijsen (illustrations 3 et 4, 2009), Jiminie Ha (2006) et Armand Mevis et Linda Van Deursen (2005).

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