Fac-simulés

Le workshop collection public freehold fut un jeu d’emboitement complexe. Renaud Huberlant posa initialement comme contrainte que la réactivation par chaque étudiant de l’Ésaab d’un « énoncé libre de droits » de Lawrence Weiner soit réalisé dans l’espace public puis médiatisé « in situ » dans le cadre de l’exposition au Centre d’art du Parc Saint Léger. Il s’agissait de revendiquer notre territoire de médiatisation culturelle du graphisme. Il s’agissait de se référer au questionnement mutimedia de la nature de l’œuvre qu’initia l’art conceptuel et qui mit le graphisme au centre de la scène artistique.
C’est donc dans ces deux temps qu’intervint le jeune graphiste marseillais Brice Domingues qui venait remplacer Renaud empêché par un accident. Brice qui donna encore un troisième temps à cette séquence « multicouches ». Non seulement il aura encadré les étudiants dans la réalisation et la médiatisation de leur projet de réactivation, mais il a aussi proposé un dispositif intelligent et retors de médiation de l’ensemble de l’exposition des étudiants de l’Ésaab et de l’Énsa Dijon.
Sa proposition consiste dans une édition documentant iconographiquement et textuellement les projets des étudiants des deux écoles bourguignonnes. Mais cet exemplaire unique, relié, donné en quelque sorte « ex situ » à la directrice du centre, Sandra Patron, est relayé « in situ » dans la salle d’exposition par une installation permettant à chaque visiteur de s’informer et de « performativement » se constituer son propre catalogue d’exposition. Par la collection d’une série de ce que Brice appelle des « fac-simulés » du catalogue original…
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10 commentaires pour ″Fac-simulés″

  • « saturday worker ;) »
    le 5 février 2009 a 12:45

    -

    Dites bien à Brice ceci « escroc ». il comprendra! Bien à lui…

    http://lewebpedagogique.com/philosophie-bac/la-dialectique-du-maitre-et-de-lesclave-texte-de-hegel/

  • le 8 février 2009 a 12:54

    -

    Bonjour Thierry,
    autant je reste un lecteur attentif de vos billet réguliers, autant il y en a qui me dépassent…

    Soit l’exercice intellectuel que me propose ce «Fac-Similé» dépasse mes capacités.
    Soit il s’agit d’une grosse mascarade, suintant la gratuité et l’autosatisfaction.

    L’interview de Brice dans le dernier numéro d’Étapes m’a laissé le même écœurement.

  • « Thierry »
    le 8 février 2009 a 13:24

    -

    Je suis souvent étonné par la virulence des qualificatifs employés par les uns et les autres dans le cadre des commentaires des blogs dédiés au graphisme.
    Cher Adrien, je peux comprendre, à ce que je connais de votre travail, que vous n’adhériez pas pleinement aux options de Brice en général et à ce qu’il a produit dans le cadre du workshop mené récemment à l’Ésaab et au Centre d’Art du Parc Saint Léger en particulier. C’est parfaitement votre droit et je vous remercie de l’exprimer.
    De là à parler de « mascarade », de « gratuité », « d’auto-satisfaction » voire « d’écœurement », je pense qu’il vaudrait mieux que vous révisiez votre histoire de l’art conceptuel et de la pensée contemporaine et que vous tourniez sept fois votre stylo dans votre trousse… La gratuité est parfois un travers bien partagé.
    Je continue à défendre bien haut, pour ma part, la pratique émergente de Brice, sincère, créative, intellectuellement et artistiquement engagée.

  • le 8 février 2009 a 16:25

    -

    Si mon mépris quelque peu primaire du post-modernisme peut mériter des corrections, il me semblait toute fois que nous étions en train d’en sortir?

    D’autre part je ne peux souscrire une seule seconde à l’«engagement» intellectuel d’une personne qui prête à une ville comme Marseille «quelques inconvénients de taille: la ville est peu ouverte au graphisme et, curieusement, à la culture…» De quel graphisme, de quelle culture s’agit-il? N’est-ce pas là un aveu des plus élitistes et réactionnaires?

    Se penser au-dessus du monde, hors de la réalité sociale, ne me semble pas une condition sine qua non pour des pratiques sincères, créatives… Nous dérivons là en plein mythe prométhéen.

  • « Thierry »
    le 8 février 2009 a 17:36

    -

    Il me semble qu’effectivement, l’exigence culturelle relève d’une forme d’engagement central dans la vie de la cité.
    Il me semble qu’effectivement, Marseille n’est pas le foyer culturel rayonnant qu’elle mériterait d’être, tout au moins en ce qui concerne le graphisme et les arts plastiques.
    Je vous découvre avec surprise, cher Adrien, comme soutien objectif de la politique culturelle de M. Gaudin… ;)

  • le 8 février 2009 a 18:46

    -

    Cessons un peu de botter en touche ; que je sois étudiant et que je défende l’existence d’une richesse culturelle à Marseille ne signifie pas «forcément» que je sois un nigaud et que je soutienne un vaurien comme Jean-Claude Gaudin.

    Bon nombre d’associations et de collectifs marseillais ont su tisser, malgré le quasi-abandon des pouvoirs publics, un réseau des plus vivants et des plus ancrés dans la vie de la Cité — il ne me semble pas que la qualité de «rayonnant» soit ici d’un intérêt premier, si ce n’est pour l’inflation immobilière.
    Cette vie culturelle n’atteint pas, c’est vrai, son sommet dans les champs du graphisme ou des arts plastiques. Mais, pour rester sur les territoires artistiques, d’autres expressions, peut-être plus populaires, peut-être moins propices à des recherches ésotériques, connaissent un développement qu’il serait bon de ne pas mépriser. (Surtout quand on se dit «ne pas considérer les frontières entre les disciplines comme étanches».)

    Un petit extrait d’un article de Fred Kahn paru dans le dernier numéro de la revue Mouvement.
    «Cette région est depuis longtemps un terrain d’expériences pour les écritures urbaines, les arts du cirque et du geste. Elle abrite dans ce domaine plusieurs structures de production, de recherche et de médiation (Lieux Publics, le Citron Jaune, le CREAC, etc.). Les friches artistiques pluridisciplinaires (La Belle de Mai, le Comptoir de la Victorine, la Gare Franche, Cap 15, etc.) ainsi que de nombreuses associations (3bisf, Bureau des compétences et des désirs, La Compagnie, etc.) témoignent également d’une forte capacité à inventer d’autres modes de socialisation de l’art.»

    Amicalement.

  • « Thierry »
    le 8 février 2009 a 19:40

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    Loin de tout mépris et de toute confusion, il serait bon, à Marseille comme ailleurs, de ne pas trop opposer pratiques savantes et institutionnelles, et pratiques populaires et alternatives, au profit d’un projet et d’une ambition culturelle… En craignant que nous n’en prenions pas le chemin, ce sera mon mot de la fin car je n’ai pas le goût des joutes orales prolongées dans les commentaires des blogs…
    ;)

  • « Renaud »
    le 9 février 2009 a 11:56

    -

    Ne pas confondre ; lutte des classes (cf Jacques Rancière cité sur Formes Vives) et lutte des classes (scolaires) sans quoi vous allez geler, une fois de plus, en franco-français ce débat.

  • « Thierry »
    le 9 février 2009 a 13:58

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    Marseillo-marseillais plutôt…
    ;)

  • « Florian »
    le 9 février 2009 a 16:49

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     » in the red corner….miiiiiiiiiiiiiiiiightttttttyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy Chankkkkkkkooooooooo……in da blue corner…the unbreackablllllllllllle rooooooooooockyyyyyyy Adrieeeen…ladies & gentlemen are you ready to ramble!????!!!?!?!?!?!?!?! It’s SHOWTIME!! »