La fin d’un certain axe franco-polonais…

PIOTR UKLAŃSKI
Untitled (Solidarność), 2008
Chromogenic print
Diptych: 236 x 372 inches overall (599.4 x 944.8 cm)
© Gagosian

Graphiquement, le logo créé par Jerzy Janiszewski est formé des 11 lettres de «Solidarność» soudées entre elles et serrées les unes contres les autres, comme des participants au premier rang d’une manifestation : l’impression recherchée est le sentiment de solidarité, de front commun et de peuple faisant bloc contre le pouvoir. L’une des lettres / manifestants brandit le drapeau polonais.

En plus d’être une magnifique – quoiqu’évidente – métaphore du temps présent, cette œuvre n’est est pas moins une autre – quoiqu’involontaire – du graphisme français d’une (bientôt) autre époque…

As times goes by…

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1 commentaire pour ″La fin d’un certain axe franco-polonais…″

  • « Thierry »
    le 10 mai 2008 a 21:05

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    Il est sans doute légitime de marquer la fin d’une certaine influence formelle du graphisme polonais sur le graphisme français dont un Claude Baillargeon, par exemple, pourrait être l’apothéose du côté obscur. La célébration du message soi disant-libérateur oubliant complètement de démontrer l’expression de cette liberté dans les formes visuelles du discours dont on est pourtant, en tant que graphiste, spécialiste et responsable. La critique du fonctionnement publicitaire épousant pourtant ses stratégies langagières et donc, de fait, son idéologie.

    Ceci étant, il ne faut pas tirer sur l’ambulance. Grapus, pour ne pas le citer, ne peut être réductible à cette évacuation de l’intelligence de la vie des formes au profit d’une seule logique du discours. Il y avait par exemple un Gérard Paris Clavel pour construire, déjà, une ouverture irrésolue de la forme aux libres aspirations revendiquées par les slogans nécessaires de l’époque. Il y eut aussi un certain Vincent Perrottet qui fut stagiaire chez Grapus s’associa ensuite à des graphistes comme Jean-Marc Ballée et le jeune Mathias Schweizer dont on ne peut pas résumer le travail à un graphisme sous influence…

    Et puis il faut dire aussi que la veine organique polonaise rencontrait une vieille tradition plasticienne et picturale ‘à la française’ dont un Michel Quarez mais aussi un Mathias Augustyniak sont les héritiers bien vivants…

    Il faut dire enfin que cette référence polonaise, bricolée et manuelle, sans doute naïve mais chaleureuse, représentait aussi historiquement l’espoir de sortir du carcan pas toujours si riant et acueillant d’une certaine grammaire fonctionnaliste adoptée et imposée par les industries triomphantes de la reconstruction de l’après guerre.