Archéologie du medium

Unité-de-design-graphique,-38957inche80Season_of_Drawing_CCA_4Nencini_Handwerk_Plates_1Nencini_Handwerk_Plates_2Il semble qu’aujourd’hui, la typographie numérique recouvre le vent de libération qu’elle avait déjà connu dans les années new wave des projets Fuse et autres altérations ou plutôt émigrations graphiques. Même façon de rejouer le ludisme expérimental émancipateur du signe et de l’espace des avant-gardes, dans le sillage des Kurt Scwitters, Ernst Bayer ou Tschichold première formule. Mais cette fois l’expression digitale semble dépasser le discours de la rupture opposant virtuel et matériel, manuel, mécanique et numérique. Tout se passe comme si elle « s’augmentait » des expressions les plus tangibles de la matérialité : des technologies les plus sommaires.
Le programme de scripting typographique développé, il y a peu, à l’École Cantonale d’Art de Lausanne Typeface as program a abouti, dans l’exemplaire réponse de David Keshavjee et Julien Tavelli, à l’étrange relais de la génération numérique de formes automatisées et de leur traduction dans la forme du caractère mobile en bois, scène primitive de la typographie… De même, la démarche d’assistance au dessin de lettre par tout un outillage systématique pauvre, en papier, en plastique ou en bois, façon normograph ou spirograph, d’un Karl Nawrot ou d’un Peter Nencini, renvoie aussi bien au jeu de construction enfantin qu’aux programmes de matrices informatiques ou aux systèmes d’affichages à cristaux liquides.
Comme une archéologie du médium qui intégrerait ou confronterait manifestement, dans des formes très matérielles et peu démonstratives de leur technicité, l’information processuelle des expérimentations modernistes et conceptuelles, voire même du dessin de lettre assisté par la machine, fut-elle typographique, au vocabulaire du caractère infographique.

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