Autoportraits aveugles

Après la série Les Aveugles, de Sophie Calle de 1986, qui présentait les réponses d’aveugles de naissance à la question « Quelle est selon vous l’image de la beauté ? », Charles Nègre demande à des aveugles de déclencher leur autoportrait en quelque sorte impossible.
Questionnement moral du théâtre des apparences de l’image, de sa qualité de représentation et de la capacité synesthésique, soit le glissement de la sensation perceptive d’un appareil perceptif à un autre : voir avec les oreilles, entendre avec les yeux… Autrement dit la question de la vision, comme le dit Gombrich, en tant que « poste avancé de la rencontre du cerveau et du monde » et qui me rappelle à la provocation de Spinoza rapportée par Deleuze.
« Spinoza […] nous dit tranquillement que l’aveugle ne manque de rien. Pourquoi ? Parce qu’il est aussi parfait qu’il peut être en fonction des affections qu’il a. […] L’aveugle est privé d’images visuelles. Ça veut dire qu’il ne voit pas ; mais la pierre non plus ne voit pas. Spinoza dit que, de ce point de vue, il n’y a aucune différence entre la pierre et l’aveugle. L’un comme l’autre n’a pas d’image visuelle, donc il est aussi stupide, dit Spinoza, de dire que l’aveugle manque de la vue que de dire que la pierre manque de la vue. L’aveugle est aussi parfait qu’il peut être, […] en fonction des affections de sa puissance, c’est à dire en fonction des images dont il est capable. C’est les images de choses dont il est capable qui sont les véritables affections de sa puissance. » Ou comment définir le désir voire le besoin non comme un manque mais comme un excès…

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1 commentaire pour ″Autoportraits aveugles″

  • « biggle »
    le 10 mars 2009 a 1:04

    -

    comment on regarde les fille quand on voit plus? avec les mains?