Coup de dés

f8.highresf13.highresf14.highresf15.highresf16.highresInvention de la typographie en tant que capacité de l’écrit à s’inscrire dans l’espace de la double page, Un coup de dés, jamais n’abolira le hasard est aussi comme l’aboutissement des obsessions cryptiques et numériques du poète Stéphane Mallarmé.
Une sorte de partition tragique de l’événement, entre aléatoire, l’autre nom de la factualité, et nécessité de la fiction. Un bateau perdu dans une mer de tempête et qui tenterait de s’en remettre aux constellations, au ciel, et à un coup de dé. Une sorte de cérémonial du chiffre, du décompte, et de la lecture, malgré la perte de la forme normée du ver régulier.

Du Livre, cette entreprise Mallarméenne de livre absolu et cérémoniel dont Un coup de dés est peut être l’aboutissement, il ne reste que des notes éparses. Des fragments qui démontrent la volonté de Mallarmé de soumettre les conditions matérielles du livre, son prix, son nombre d’exemplaires, son nombre de signes par page, son nombre de pages, de volumes… aux opérations du calcul arithmétique et singulièrement au nombre douze, celui symbolique de l’alexandrin…
Du coup de dés on a bien sûr l’original imprimé mais aussi des merveilleuses épreuves de correction (illustrations) qui montrent tout l’attachement du poète à la rythmique de la forme typographique, des blancs, des marges, des interlignes, de l’écume du texte.

Une forme sourde du décompte qui se réaliserait, selon Quentin Meillassoux, à l’ombre du texte, autour d’une forme de message cryptique. Un code cryptographique qui se construirait autour du chiffre 7, constellation du septuor, septentrion final, peut être le chiffre « qui ne peut être semblable à aucun autre », fruit du lancer de dé réel de Mallarmé, et que le poème rejouerait.
Dans le texte, deux « comme si », soit comme le Si, septième note de la gamme, encadrent le « proche tourbillon », peut être un genre de zéro « 0 », dessinant un obscur 707. 707 mots se décomptent jusqu’au verbe « sacre ». Le texte s’achève sur une morale de sept mots : « Toute pensée est un coup de dés. »

Merci à l’Esa Npdc Cambrai pour ce précieux lien

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2 commentaires pour ″Coup de dés″

  • « pierson »
    le 1 mars 2012 a 20:45

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    Notre édition du Coup de Dés a été faite pour respecter le mieux possible les intentions de Mallarmé, en redessinant les « rares caractères Didot » disparus. Vous la trouverez sur coupdedes.com , accompagnée de quelques commentaires. En sympathie, M.P.& Ptyx

  • « pierre mayer »
    le 5 mars 2012 a 20:17

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    Oui, 113 ans plus tard, un chiffre qui anime la démence de Mallarmé, entendez l’esprit (mens) du dé, est enfin dévoilé, toujours offert et caché. A nous de creuser ce vers désespéré pour les exégètes futurs ou jamais.