Form follows sex, art and information

Cette couverture designée par James Langdon pour les Strategic Questions series de Gavin Wade me renvoie à un texte de Slavoj Zizek (1) . Il concerne la question complexe et rebattue des rapports du Beau et de l’Utile. Il me semble que cette question mine depuis son origine symbolique le monde des arts appliqués.
S’ils sont appliqués, c’est bien que la vérité de ces arts du design est ailleurs comme on disait il y a peu à la télé. La perte consacrée de leur autonomie toute artistique les enchaîne justement, non plus seulement à la figure de l’artisan comme le voulaient les vieux grecs (l’art comme technè) ou Arts and Crafts, mais plutôt à la question de leur fonction, de leur usage. Form follows fonction comme on disait dans la maison de la construction (de l’allemand Bau, bâtiment, construction et Haus, maison ; Bauhaus)… La fameuse controverse Gropius vs Itten qui socle l’impulsion bauhaussienne engage les arts appliqués vers une construction de l’avenir fondée non pas sur une construction des personnes, comme le voulait Itten, mais vers une construction sociétale fondée sur l’outil industriel. On est conforme aux stratégies marxistes évidemment en vogue à l’époque. On est en 1922.
L’art désormais veut s’appliquer à l’industrie pour le bien de tous et l’humanisation du quotidien. Il ne tardera pas à s’appliquer à l’économie pour accoucher des industries culturelles dont on peut penser avec quelques anciens de l’école de Francfort qu’elles sont une tentative de récupération et de stérilisation de la puissance énergétique de l’art. La figure de l’artiste est devenue un modèle entreprenerial (travailler toujours, partout). L’art lui même est devenu un marché justement utile et productif, placement pour actionnaires.
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