Useless X

useless10useless101useless102useless103useless104useless105useless106useless107Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Avec le dernier opus du magazine new yorkais Useless, le tandem OFFICEABC confirme sa méthode oblique de la kyrielle. Ce mode proliférant et arborescent de création, par le passage des données remarquables de la commande au crible de l’enchainement des analogies et des associations, de forme comme de fond, dans la spécialisation autant que dans la généralisation.
Un jeu arbitraire et motivé de correspondances qui en appelle au bien nommé sens. Une constellation qui s’appuie cette fois sur les données très numériques d’un numéro 10 — chiffre magique à la base de notre système décimal, écrit en chiffre romain X, figure remarquable de la croix et de la rature — qui se recentre sur les années 2000 — deux, trois zéros — et le thème du zéro. Ce signe qui n’est pas le rien mais la présence de l’absence. Rature, origine, centre et puissance capable de transformer…
Un flux qui a une cause, la ligne éditoriale du numéro de la revue, mais presque pas de fin en dehors de la dynamique même des projections perceptives et des connexions synaptiques. L’édition comme source et moteur de recherches…

Laissons la parole à Catherine Guiral et Brice Domingues :

« Le thème général de ce magazine numéro 10 gravite autour de la notion du zéro, que nous avons compris comme point de départ, tabula rasa infernale, figure formelle du chaos et du cosmos, de ces recommencements qui ont fleuri dans cette dernière décade.

Sur la première et la quatrième de couverture, deux photographies prises par Conrad Ventur de Genesis Breyer P-Orridge (front) et de Leidy Churchmann (back). Deux artistes qui revendiquent leur mutation et leur questionnement des genres dont le fameux chromosome X a été un symbole…

La maquette prend le tohu-bohu comme élément fondateur / destructeur. Deux grilles se superposent et rentrent en collision. On ajoute à la grille créée pour le numéro 9, une grille « expressive » basée sur la figure triangulaire de la tetraktys et du X. Cela permet de travailler avec des images plus grandes et de faire mentir les contraintes du newsprint. Les matrices rejoignent le motif géométrique de l’Arlequin (en X !) qui, hasard ou coïncidence, revient aussi dans la tenue de P-Orridge. Arlequin, figure double de la littérature qui renvoie également au miroir du Zéro : chiffre qui, comme le 8, peut se lire dans tous les sens, sans se perdre.

Un signe, fin de chaque article, reprend la tetraktys, ici entendue comme le code nucléaire de toute forme géométrique. Ces cercles qui s’assemblent en triangle sont comme une « image figurée de la structure du monde », un monde qui serait précisément celui de cet opus X de la revue Useless qui voit la vie comme plus longue que l’on imagine… structure infinie en quelque sorte. Éternité de façade, sans doute d’une jeunesse underground qui revendiquerait le braconnage comme tendance et la longévité comme principe menteur.

Les caractères résonnent avec la mise en page. Nous avons retravaillé un caractère de titrage astucieusement appelé Arlequin qui souligne encore l’aspect kaléidoscopique du contenu éditorial. Le caractère de labeur est le Lexicon gothic, créé dans les années 2000, ce moment-point de départ dont le magazine fait une sorte d’état des lieux, détails de ruines.

Nous avons proposé à Conrad de nous adosser au zéro, d’en faire un vide, une non-dimension qui convoquerait l’illogisme et cette forme ovoïde primale qui devient la manière de traiter les ouvertures-images des articles principaux.
Cette geste symbolique et polymorphe devient la façon ironique de donner à voir et expérimenter ces « années zéro-zéro » dont nous sommes les acteurs et les témoins. »

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1 commentaire pour ″Useless X″

  • « R »
    le 15 avril 2011 a 11:16

    -

    VI00000000000000LENCE !