Archives par auteur: Thierry

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Impression

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J’ai commis quelque part que « le graphiste, comme son nom l’indique, est une sorte de petit cousin de l’écrivain. Et comme tous les compositeurs-interprètes, il se rêve en auteur ».

Déniché par Jérémy Barrault, Impression, une étonnante perle musicale des sans doute trop méconnus Jacques Doyen (interprète), Alain Croix et David Aubriand (auteur, compositeur).

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Opernhaus Zürich

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De notre envoyé spécial à Zurich, Nicolas Pauly, quelques images de la récente campagne d’affichage de l’opéra zurichois qui demeure fidèle à la (typo)graphie efficace et aventureuse, entre sens de la prégnance et métaphore sonore, près de cinquante ans après les fameuses propositions de Joseph Müller-Brockman…

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Les images vieillissent autrement que ceux qui les font

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Parce qu’il est pensé en amont de l’exposition ou en même temps qu’elle se met en place, le catalogue, s’il est une sorte de finalité qui survit à l’exposition, ne la reflète que de manière oblique. Il en démontre les sources. Il en déploie les enjeux, les centre d’intérêt. Mais il est rare qu’il documente directement les pièces dans leur contexte scénographique.

C’est pourtant ce qu’a demandé Aurélien Mole à des élèves de CP/CM2 de l’école Jean Rostand de Chatou. Deux classes ont travaillé en apprentis graphistes à rendre compte de « la photogénie d’une exposition » d’œuvres de Xavier Antin, Roxane Borujerdi, Aurélien Froment, Julien Nédélec, Julien Tiberi et Clément Rodzielski. Des œuvres qui proposaient déjà un dialogue avec une sélection de pièces issues de la collection du musée Fournaise. Des propositions artistiques qui intégraient d’une façon ou d’une autre leur « devenir image » dans des photographies d’enfants.

Dans cet enchaînement des traductions et des écarts qui instaure comme une métaphore du cycle de vie de la perception de l’œuvre, le travail des chères têtes blondes consistait à décliner plusieurs modes d’indexation et de composition des relevés photographiques de l’espace de médiation de l’exposition dans l’espace de projection des pages du catalogue.

Autant de variations dans l’attitude graphique, de façons de s’investir et de se mettre en scène dans la valorisation et la médiation d’un contenu sensible et intelligent. Autant d’expérimentations des moyens et des méthodes de restitution du graphiste encadrées, relayées et compilées par François Havegeer.

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The Crystal Mask


Le Crystal Maze a d’abord été la reprise, dans les années 90, par la télévision britannique de l’improbable succès d’audience français Fort Boyard. Une affaire de jeu sur fond d’aventures plus ou moins historiques, plus ou moins fantastiques mais toujours très stéréotypiques. De l’action, des attractions, du divertissement, des exploits médiatiques légers, déclinés en anglais sur le mode du labyrinthe de cristal, de la diffraction de l’espace, du genre et du temps.

Le Crystal Maze est aussi une investigation théorique sur le mode de la digression et de l’esthétique de la reprise. Un travail de réflexion truculent du champ élargi du graphisme mené par officeabc et Jérôme Dupeyrat, soit Le Bureau du Doute.
Le Crystal Maze est un dispositif gourmand qui tisse la pluralité de ses matériaux d’emprunt dans une « monstration et une discussion dédiées aux livres, à l’édition, et à tout ce qui s’y rapporte ». Un prisme, une table de montage confrontant tous azimuts, les registres, les moyens et les genres du discours.

Un texte est lu. Un texte est dit. Une séquence de manga ou de cinéma défile dans un rapport plus ou moins oblique avec ce qui est dit. Des livres, des documents graphiques, des objets sont manipulés. Des images apparaissent, disparaissent, sont dessinées en direct. Culture savante, culture populaire, différé, direct, image fixe, image animée, production, reproduction… « Le Crystal Maze est un labyrinthe où se rencontrent des objets, des images et des textes ».
Le Crystal Maze est un mode de théorisation aussi éloigné que possible de l’inquiétude scrupuleuse et concise des canons de la neutralité distante promus et parfois imposés par le dogme universitaire.

The Crystal Mask présenté récemment à l’EnsAD Paris a déroulé son appareil de notes luxuriant et son télescopage de textes et de gloses visuelles autour du roman policier, Club des Masques et autre Livre de Poche Policier, en développant dans une merveilleuse vidéo montée par Cloé Munich et Vincent Lalanne et réalisée avec le concours de Laurent Sfar, Xavier Bouyssou et Vincent Fortin, un texte déjà épatant de Catherine Guiral.

Le roman policier, ces débuts du feuilleton et cette scène primitive des séries télévisuelles pop. Le détective, le commissaire, l’enquêteur, cette figure de tutelle fictionnelle du théoricien et de cette recherche dont on ne cesse d’assurer la promotion ces derniers temps…

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Pansaers

L’édition que Thibaut Meltz et Alexandru Balgiu viennent de mettre en forme pour le compte de la collection Cheval Vapeur, du Novénaire de L’attente, ce poème que Clément Pansaers adresse à un fils « conçu non incarné », durant les neuf mois de sa conception, cultive un sens savant et savoureux du détail spirituel et revendique l’esprit de liberté de l’écrivain pré-dadaïste, jugez plutôt :

« 1 Thibaud vend des chaussures le lundi,
le mardi et le mercredi. Alex enseigne le jeudi
et le vendredi. Le reste du temps, ensemble
ou séparément, ils collectionnent des livres
et parfois les mettent en page. 2 Cette fois,
c’est grâce à Renaud et François, arrivés à cheval.
C’est donc un samedi que Novénaire de l’attente
fut conçu. Précisément, c’était un mercredi
lorsqu’il s’est incarné (à cette époque Thibaud
vendait des chemises le lundi, le mardi et le samedi
tandis qu’Alex enseignait le vendredi et le jeudi).
3 Clément attendait Ananga dans un numéro
de Résurrection. Le cheval? Un amas visible de fines
gouttelettes d’eau de condensation en suspension
dans l’atmosphère. Quant au livre, il devait avoir
le systole noble et diastole vulgaire. 4 Le format
de la collection? Retourné. Le pantone choisi?
Un vrai caca de bébé, qui mange de bons légumes.
Un mystérieux papier trouvé? Des chutes du Bar
Nicanor, lui-même imprimé en caractères sépia
sur papier orangé. Pourquoi? Dada. 5 Le feu
gazouillait. Il était temps de dessiner quelques lettres
échappées d’un générique de Michelangelo Antonioni
lors d’une virée nocturne, et de récupérer dans
un carton égaré à l’ouest de Beverly Hills une
variété abrupte de Courier, au duodénum généreux.
6 La chasse, désormais constante, faisait jouer
les délicats alinéas avec une joyeuse systématique.
Une boîte de garaldes acérées fut achetée pour
Fabrice (afin qu’il note ses notes, Clément lui a prêté
son monogramme décomposé—recomposé).
7 À l’heure du goûter (toujours ce même mercredi),
un gâteau du douanier Rousseau fut mangé avec
une délicieuse absurdité tandis que quelques miettes
s’étaient glissées entre les pages en un mystérieux
hommage à un exégète gourmand. 8 Et puis tout
le reste (du livre) on l’a entassé sur la quatrième.
C’est Matthieu (il a préféré le sandwich Sodebo) qui
l’a goulûment imprimé pendant qu’Olivier (manteau
cuir noir, 110 kilos) regardait le match de rugby.
9 C’était un vendredi. »

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Coup de dés

f8.highresf13.highresf14.highresf15.highresf16.highresInvention de la typographie en tant que capacité de l’écrit à s’inscrire dans l’espace de la double page, Un coup de dés, jamais n’abolira le hasard est aussi comme l’aboutissement des obsessions cryptiques et numériques du poète Stéphane Mallarmé.
Une sorte de partition tragique de l’événement, entre aléatoire, l’autre nom de la factualité, et nécessité de la fiction. Un bateau perdu dans une mer de tempête et qui tenterait de s’en remettre aux constellations, au ciel, et à un coup de dé. Une sorte de cérémonial du chiffre, du décompte, et de la lecture, malgré la perte de la forme normée du ver régulier.

Du Livre, cette entreprise Mallarméenne de livre absolu et cérémoniel dont Un coup de dés est peut être l’aboutissement, il ne reste que des notes éparses. Des fragments qui démontrent la volonté de Mallarmé de soumettre les conditions matérielles du livre, son prix, son nombre d’exemplaires, son nombre de signes par page, son nombre de pages, de volumes… aux opérations du calcul arithmétique et singulièrement au nombre douze, celui symbolique de l’alexandrin…
Du coup de dés on a bien sûr l’original imprimé mais aussi des merveilleuses épreuves de correction (illustrations) qui montrent tout l’attachement du poète à la rythmique de la forme typographique, des blancs, des marges, des interlignes, de l’écume du texte.

Une forme sourde du décompte qui se réaliserait, selon Quentin Meillassoux, à l’ombre du texte, autour d’une forme de message cryptique. Un code cryptographique qui se construirait autour du chiffre 7, constellation du septuor, septentrion final, peut être le chiffre « qui ne peut être semblable à aucun autre », fruit du lancer de dé réel de Mallarmé, et que le poème rejouerait.
Dans le texte, deux « comme si », soit comme le Si, septième note de la gamme, encadrent le « proche tourbillon », peut être un genre de zéro « 0 », dessinant un obscur 707. 707 mots se décomptent jusqu’au verbe « sacre ». Le texte s’achève sur une morale de sept mots : « Toute pensée est un coup de dés. »

Merci à l’Esa Npdc Cambrai pour ce précieux lien

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écholalie

Valiz_2011_Content_NED_26-0Entre questions de genres de l’expression artistique sans doute éculées et effet de chambre d’écho des fonctions de médiation de l’exposition et du graphisme, exposer le graphisme ne va pas de soi.
Le n° 11 de Graphic proposait une série d’édifiantes Ideas of design exhibitions en 2009.
Dans le dernier étapes, Étienne Bernard défend l’idée que : « plutôt qu’exposer simplement une affiche, un livre ou une identité, il faut ancrer la collaboration du graphiste dans un projet. Le lieu d’art devient alors un contexte de production graphique ».
Reading forms revient agiter cette question en forme d’écholalie en venant exposer en ligne les expositions de graphisme…

Illustration :
During the Exhibition the Gallery Will Be Closed – Contemporary Art and the Paradoxes of Conceptualism ; essai de Camiel van Winkel ; graphisme Sam de Groot
Merci à Simon et Kevin pour ces liens.

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La flèche

186911124291111Dans son abécédaire, Gilles Deleuze évoque cette image nietzschéenne de la flèche qu’envoie le penseur et qui se fichera au sol avant qu’une nouvelle pensée ne s’en empare pour la relancer vers de nouveaux horizons.
Cette métaphore de l’aventure culturelle a séduit Kevin Gotkovsky et Célestin Krier qui ont eu envie de se mettre à l’épreuve de cette pratique jubilatoire et risquée, mais aussi généreuse, de la publication des matières de l’esprit. Ensemble, ils se sont mis à éditer quelques exemplaires d’un périodique format tabloïd, bien nommé La flèche, qui est comme la prise de notes joueuse, le carnet de bord nécessaire et subjectif de leur périple estudiantin au cœur des paysages artistiques et culturels.

« Il y a 20 000 ans environ, l’humanité est organisée en petits groupes de chasseurs cueilleurs, mais avec l’agriculture et la sédentarisation, ce mode de vie a presque totalement disparu.
Aujourd’hui, dans un contexte quelque peu différent, nous repartons à la recherche d’une nourriture plus spirituelle que calorique. Tendant notre arc à la manière d’un Walter Benjamin s’apprêtant à l’écriture, nous partons sur les traces de l’animal, trouvant en chemin quelques baies ou tubercules à cueillir. Notre territoire de chasse n’est plus la taïga paléolithique mais notre vaste paysage artistique et culturel.
Après quelques semaines de traque, décochant nos flèches et autres sagaies, nous terrassons enfin la bête. Vient ensuite le temps du dépeçage et de l’équarrissage, la bête est prête à être rapportée au reste du groupe. Là bas, elle sera agrémentée de quelques herbes sauvages, et partagée au cours d’un joyeux festin. »

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Grand papier

simonroussinGrand papier, cet indispensable support numérique de la bande dessinée prospective, avec par exemple le merveilleux Simon Roussin (illustration).

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Figurez-vous



Figurez-vous…

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