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If/then dance

Line up the colour. (Domino)

Hide the shown colour.

Combine all parts of the colour. (Rubiks's Cube)

Mimic the moves with the same colour.

Show off the colour.

 

Des costumes colorés pour une dance à consignes. Une couleur est définie : rouge, jaune, ou vert. Des instructions sont données : Aligner la couleur (illustration 3), Cacher la couleur (illustration 4), Combiner les couleurs — à la façon d’un Rubik’s cube — (illustration 5), Imiter les mouvements avec la même couleur — la couleur référence est agitée — (illustration 6), Mettre en valeur la couleur (illustration 7).

IF THEN DANCE, Une performance et une video de 12 min réalisées dans le cadre du diplôme 2011 de Béatrice Barth à la merveilleuse Klass für System Design menée par Oliver Klimpel et Lina Grumm à l’Académie des Arts de Leipzig.

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Mitim

Mitim. Trois lettres interpolées en palindrome. /Mit/, en néerlandais comme en allemand avec. Trois sommets, un effet de symétrie et de circulation. La structure triadique du signe. De ce qui tient lieu. De ce qui relie. Signifiant, Signifié, Référent.

Mitim, une typographie dessinée par Radim Pesko pour Dot dot dot. À nouveau trois signes et une diffusion. Trois points qui se suivent et invitent à la poursuite, même si la périodicité de cette indispensable revue a cessé après 10 ans et vingt numéros.

Mitim, plus qu’un simple dessin de caractère, si toutefois cette expression a un sens, un projet artistique auto-réflexif. Un alphabet qui évolue et s’adapte au cycle des parutions de la revue.

Mitim, Un romain de labeur plutôt robuste et stable. Un caractère aux empattements justement triangulaires, mais qui se changent rapidement en empattements filiformes. Un romain entre ancien et moderne selon l’expression de Francis Thibaudeau. Un dessin globalement géométrisé cultivant dans le détail d’étranges effets de rupture. Formes angulaires qui s’infléchissent sans préavis. Empattements biseautés. Soudaines terminaisons enroulées. Fûts décrochés. Apexs bouchés ou traverses distendues. Italiques inversées…

Mitim, une typographie prise de secrets envies de mouvement et de collection. Tout un répertoire de formes maniéristes et de références historicistes qui rappellent ces Elzévirs tardives du XIXe ou du début XXe. Ces incises éclectiques qui reprenaient les alphabets de l’âge classique et aristocratique à l’ère de l’industrie et de la démocratie. Ces fontes qui, déjà, étaient des images d’alphabets, des typographies écho, des abécédaires réfléchis…

Mitim, dans sa version Gamma, une fonte de recueil développée avec Louis Luthi, observateur des formes spéculatives et narratives de la graphie. Un vocabulaire de collecte, regroupant différentes figures historiques — populaires, commerciales ou savantes — de graphies typisées. Marque jaune, point d’ironie, hermine bretonne, emblèmes des cigares du pharaon, pictogramme disneyen… Efforts vers le symbolique, l’abstraction culturelle consentie, la typographie enfin, entre image et lettre, magie et calcul.

Illustrations, de haut en bas : Mitim Gamma, pictogrammes ; Mitim Kappa italique ; Mitim Lambda ; Mitim Theta capitales ; Dot dot dot n°13, quatrième de couverture.

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Projets pour Aperto

Un espace frontal. Un espace théorique où le cadre de l’image vient coïncider avec la face transparente en avant plan d’un parallélépipède rectangle de démonstration. Théâtre, fenêtre albertienne ouverte sur un espace de projection et d’expérimentation. Maquette de travail, modèle réduit, prototype.

Puis le surgissement d’événements. Des mains, des bribes, des fragments, se composant et se décomposant, au fur et à mesure du bégaiement d’actions handicapées par des outils inadaptés, le souffle d’un compresseur, un bâton, un pistolet forain…

L’investissement d’un corps bricolant des matériaux pauvres et fragiles, souvent industriels, souvent de récupération. Des présences sensibles, sensibles au souffle, à la manipulation, à l’altération.

Aussi la tension d’une distance. Un jeu. Des difficultés d’accommodation. Des objets plus ou moins formés, des espaces, des temps fractionnés, plus ou moins finis, plus ou moins infinis. Des images plus ou moins épuisées qui se déploient, hésitent et disparaissent.

Des réalités incertaines, des artefacts manifestes : icônes culturelles stéréotypiques, pâte à modeler, décor. Entre tentation du monumental et impossibilité d’achèvement, des formes modestes de remaniement, des arrangements de transit, sans cesse déportés, sans cesse enchaînés.

Projets pour Aperto de Josue Rauscher, 2011.

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Spectre sceptre respect

Des images qui apparaissent dans le spectre d’un son. Des fichiers midi qui font jouer en multipiste, non les notes, les impulsions et les longueurs dans les tessitures de chaque instrument mais les « sons image » de chaque instrument (les noms typographiés dans le spectre du son) aux hauteurs désirées : en anglais bass, rythm, leads…
Des histoires de traductions qui se redoublent, s’interpolent, se télescopent et font finalement apparaître l’idée de traduction en elle-même.

Une traduction, un spectre, dont Jacques Rancière nous rappelle qu’elle est au fondement de notre système de dénomination des sensations, de partage du sensible, séparant par exemple le son et l’image, l’image et le texte. Un système de désignation qui est aussi l’aboutissement, comme le souligne Christian Metz, d’une négociation sociale, d’un effet de pouvoir, un sceptre.

Une traduction dont Roman Jakobson nous précise qu’elle est au cœur de la dynamique d’un sens qui est toujours la traduction d’un signe par un autre signe, une reformulation, une interprétation, une transmutation entre deux messages et deux codes différents. La recherche d’une équivalence, d’un respect, dans la différence.

Une recherche menée par Kevin Bray.

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L’impossible

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Un journal qui se contracterait et se diluerait au format des 127 pages d’un grand poche piqué. Des grotesques de titrage, étendues, contractées, des réales de labeur, des filets, du rouge, du noir, couleurs du signe. Des jeux de décadrage, des chapos, des encadrés, de courtes et denses colonnes en apesanteur, qui joueraient avec la cinétique et le blanc des pages.
L’impossible, par Julie Rousset.

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Feu sacré


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Pierre du Sciullo, un i, un u, deux l, un o, raconte qu’ayant demandé un rendez-vous à Adrian Frutiger en se présentant en tant que typographe, ce dernier lui aurait répondu qu’il n’était que dessinateur de caractères et, que pour la typographie, il valait mieux contacter Emil Rüder, mais que, malheureusement, ce dernier n’était alors plus de ce monde…
Thomas Bizzarri, deux z, deux r, deux i, propose, pour le compte des nouvelles éditions lyonnaises du Feu sacré, avec Raphaël Garnier et Alain Rodriguez, soit le nouveau, tout beau collectif Vasco, un très intéressant travail typographique, au sens macro comme micro du terme, réconciliant peut être Adrian et Emil avec d’intrigantes incises maniéristes ou de géométriques grotesques dans des compositions très normées et littéraires…

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Impression

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J’ai commis quelque part que « le graphiste, comme son nom l’indique, est une sorte de petit cousin de l’écrivain. Et comme tous les compositeurs-interprètes, il se rêve en auteur ».

Déniché par Jérémy Barrault, Impression, une étonnante perle musicale des sans doute trop méconnus Jacques Doyen (interprète), Alain Croix et David Aubriand (auteur, compositeur).

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Opernhaus Zürich

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De notre envoyé spécial à Zurich, Nicolas Pauly, quelques images de la récente campagne d’affichage de l’opéra zurichois qui demeure fidèle à la (typo)graphie efficace et aventureuse, entre sens de la prégnance et métaphore sonore, près de cinquante ans après les fameuses propositions de Joseph Müller-Brockman…

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Les images vieillissent autrement que ceux qui les font

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Parce qu’il est pensé en amont de l’exposition ou en même temps qu’elle se met en place, le catalogue, s’il est une sorte de finalité qui survit à l’exposition, ne la reflète que de manière oblique. Il en démontre les sources. Il en déploie les enjeux, les centre d’intérêt. Mais il est rare qu’il documente directement les pièces dans leur contexte scénographique.

C’est pourtant ce qu’a demandé Aurélien Mole à des élèves de CP/CM2 de l’école Jean Rostand de Chatou. Deux classes ont travaillé en apprentis graphistes à rendre compte de « la photogénie d’une exposition » d’œuvres de Xavier Antin, Roxane Borujerdi, Aurélien Froment, Julien Nédélec, Julien Tiberi et Clément Rodzielski. Des œuvres qui proposaient déjà un dialogue avec une sélection de pièces issues de la collection du musée Fournaise. Des propositions artistiques qui intégraient d’une façon ou d’une autre leur « devenir image » dans des photographies d’enfants.

Dans cet enchaînement des traductions et des écarts qui instaure comme une métaphore du cycle de vie de la perception de l’œuvre, le travail des chères têtes blondes consistait à décliner plusieurs modes d’indexation et de composition des relevés photographiques de l’espace de médiation de l’exposition dans l’espace de projection des pages du catalogue.

Autant de variations dans l’attitude graphique, de façons de s’investir et de se mettre en scène dans la valorisation et la médiation d’un contenu sensible et intelligent. Autant d’expérimentations des moyens et des méthodes de restitution du graphiste encadrées, relayées et compilées par François Havegeer.

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The Crystal Mask


Le Crystal Maze a d’abord été la reprise, dans les années 90, par la télévision britannique de l’improbable succès d’audience français Fort Boyard. Une affaire de jeu sur fond d’aventures plus ou moins historiques, plus ou moins fantastiques mais toujours très stéréotypiques. De l’action, des attractions, du divertissement, des exploits médiatiques légers, déclinés en anglais sur le mode du labyrinthe de cristal, de la diffraction de l’espace, du genre et du temps.

Le Crystal Maze est aussi une investigation théorique sur le mode de la digression et de l’esthétique de la reprise. Un travail de réflexion truculent du champ élargi du graphisme mené par officeabc et Jérôme Dupeyrat, soit Le Bureau du Doute.
Le Crystal Maze est un dispositif gourmand qui tisse la pluralité de ses matériaux d’emprunt dans une « monstration et une discussion dédiées aux livres, à l’édition, et à tout ce qui s’y rapporte ». Un prisme, une table de montage confrontant tous azimuts, les registres, les moyens et les genres du discours.

Un texte est lu. Un texte est dit. Une séquence de manga ou de cinéma défile dans un rapport plus ou moins oblique avec ce qui est dit. Des livres, des documents graphiques, des objets sont manipulés. Des images apparaissent, disparaissent, sont dessinées en direct. Culture savante, culture populaire, différé, direct, image fixe, image animée, production, reproduction… « Le Crystal Maze est un labyrinthe où se rencontrent des objets, des images et des textes ».
Le Crystal Maze est un mode de théorisation aussi éloigné que possible de l’inquiétude scrupuleuse et concise des canons de la neutralité distante promus et parfois imposés par le dogme universitaire.

The Crystal Mask présenté récemment à l’EnsAD Paris a déroulé son appareil de notes luxuriant et son télescopage de textes et de gloses visuelles autour du roman policier, Club des Masques et autre Livre de Poche Policier, en développant dans une merveilleuse vidéo montée par Cloé Munich et Vincent Lalanne et réalisée avec le concours de Laurent Sfar, Xavier Bouyssou et Vincent Fortin, un texte déjà épatant de Catherine Guiral.

Le roman policier, ces débuts du feuilleton et cette scène primitive des séries télévisuelles pop. Le détective, le commissaire, l’enquêteur, cette figure de tutelle fictionnelle du théoricien et de cette recherche dont on ne cesse d’assurer la promotion ces derniers temps…

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