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Jan Christensen

Jan Christensen est né en 1977 à Copenhague, au Danemark. Jusqu’en 2000, il a étudié au National College of Art and Design d’Oslo, en Norvège, et est établi à Berlin depuis 2001. Il a reçu de nombreuses distinctions et prix scandinaves dans le domaine de l’art et obtenu deux périodes de résidence à l’International Artists Studio Programme in Sweden (IASPIS). En 2004, il a bénéficié de résidences à la Villa Arson de Nice et au National Art Studio de Séoul, en Corée du Sud. Il est actuellement en résidence à l’Irish Museum of Modern Art, à Dublin.
Inspirées d’artistes comme Michael Majerus et Franz Ackermann, les peintures murales de Jan Christensen, quand elles ne renvoient pas à l’esthétique de la culture des médias, sont des installations spécifiques à des sites dont elles reflètent l’architecture environnante. Ses compositions sont souvent hautes en couleur et composées de plusieurs couches, et réalisent la fusion entre le graphisme et les mots. À première vue décoratives, elles se révèlent ensuite un débat des notions de contenu, de contexte, d’intention et de perception des œuvres d’art.

Montblanc

Jan Chistensen a bénéficié du Montblanc, Patronage mondial des jeunes artistes 2005.
Le luxe au service de l’art ou l’art au service du luxe… pourquoi tant de proximités ? De quelle plus-value symbolique seraient dotés les produits Cartier, Dornbracht, Prada, Boss, Montblanc, LVMH… ? Et inversément, Guggengheim, Tate, Louvre deviennent des marques et ouvrent des vitrines worldwide.…

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Isa Genzken > Ground Zero (2)

L’étonnante1 galerie Between Bridges à Londres présente ces interventions graphiques de l’artiste Isa Genzken (bâches : laque, film miroir, spray, adhésif, 2008).

Etonnante2 aussi est la correspondance visuelle entre les œuvres et ce portrait…

© Wolfgang Tilmans/Hauser&Wirth

Née en 1948, la berlinoise crée depuis plus de trente ans une œuvre aux multiples facettes qui progresse tantôt dans une direction, tantôt dans une autre. On y dénombre des sculptures et des installations, des photographies, des collages et des films. Le choix et l’association des matériaux auxquels elle assigne diverses fonctions ont une signification essentielle. Elle se les procure dans des grandes surfaces, des magasins de bricolage, des fournisseurs de matériels pour architectes. Autrefois, elle se servait de bois, de plâtre, de résines époxy et surtout de béton, les matériaux de l’ère moderne ; aujourd’hui elle se concentre sur le plastique, les matières synthétiques et des surfaces miroirs, ainsi que sur des biens de consommation : chaises design ou sièges de camping, vêtements, figurines kitch, poupées et animaux en plastique.
Arte

A la demande expresse de Guillaume :
1. Cette étonnante galerie à l’architecture si réduite et improbable — peu de murs, un escalier occupant l’espace angulaire d’exposition, peu de recul — n’en propose pas moins des œuvres de très belle qualité. Ses choix sont éclectiques tant du point de vue du style que de l’histoire. Elle exhume des artistes un peu oubliés ou rangés dans les tiroirs de l’histoire tel Sister Corita (pop) ou Charles Henri Ford qui édita entre autres le View Magazine durant les années de guerre (WWII) dont une couverture de Marcel Duchamp a fait la renommée. C.H. Ford dont les travaux graphiques des années 60 ont une forte résonnance contemporaine. Y présenter ces travaux atypiques (et à mon avis pas très attractifs) de la production d’Isa Genzken (Pavillon Allemand Biennale de Venise 2007) relève d’une belle détermination.
2. Etonnantes sont les similitudes des matières de la bâche pour les œuvres et du blouson de l’artiste, l’analogie graphique des XXL métal dans le bas des œuvres et la répétition des navettes des fermetures Eclair de la photo, les volutes montantes des glissières et des reflets du blouson font écho aux élans de spray (sans parler de la cigarette) ou encore la surface réfléchissante des lunettes comme accessoire externe et l’adjonction des bandes brillantes sur les œuvres, et enfin la présence de la main de l’artiste tant dans la photo que dans certains travaux…

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La fin d’un certain axe franco-polonais…

PIOTR UKLAŃSKI
Untitled (Solidarność), 2008
Chromogenic print
Diptych: 236 x 372 inches overall (599.4 x 944.8 cm)
© Gagosian

Graphiquement, le logo créé par Jerzy Janiszewski est formé des 11 lettres de «Solidarność» soudées entre elles et serrées les unes contres les autres, comme des participants au premier rang d’une manifestation : l’impression recherchée est le sentiment de solidarité, de front commun et de peuple faisant bloc contre le pouvoir. L’une des lettres / manifestants brandit le drapeau polonais.

En plus d’être une magnifique – quoiqu’évidente – métaphore du temps présent, cette œuvre n’est est pas moins une autre – quoiqu’involontaire – du graphisme français d’une (bientôt) autre époque…

As times goes by…

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Société Réaliste…

ou quand le graphisme à l’âge adulte devient un art potentiel ou possible.

« Société Réaliste est une coopérative artistique créée par Ferenc Gróf et Jean-Baptiste Naudy en 2004, développant plusieurs recherches parallèles sur les modèles de marketing et l’économie de l’art (PONZI’s), les institutions européennes et leur politique d’immigration (EU Green Card Lottery), la politique de l’espace (Ministère de l’architecture), les institutions et l’histoire de l’art (International Graffiti Museum).

Conçu comme une série d’expositions, le projet Transitioners est un bureau de tendances spécialisé dans les transitions politiques. En transposant dans le champ politique les principes du design prospectif, généralement utilisés par les bureaux de tendances de mode, Société Réaliste interroge la révolution (transition?) en tant que catégorie centrale de la société occidentale contemporaine. Transitioners s’intéresse aux mutations de la révolution comme forme. Comment produit-on une “transition démocratique”? Quel est le rôle du design dans la conversion permanente de la politique en mythologie? Comment l’effet d’un événement sur les citoyens peut-il être transformé en un affect contrôlé?

Les bureaux de tendances de mode produisent quelques impressions cruciales à la bonne santé nerveuse de l’industrie de la création, comme la variation dynamique du même ou le contrôle de l’imprévisible. Le travail d’un bureau de tendances comme Transitioners consiste à concevoir des collections de transitions politiques: en fonction de l’atmosphère géopolitique du moment, il s’agit de définir l’ambiance dans laquelle devront être développés les mouvements “révolutionnaires” qui entendent maximiser leur efficacité politique et médiatique. Pour « Démocratie ? faites-la vous-même ! », Société Réaliste propose une collection Transitioners inspirée par la Révolution Française, intitulée Bastille Days.

En façonnant des outils de design prospectif, l’atmosphère spécifique de cet événement révolutionnaire-là a été définie et se voit proposée comme base de tendances pour les transitions politiques à venir. Au moins pour la saison prochaine. »

Pixelache

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Le graphiste démiurge, procédant par actes magiques…

En parcourant l’excellent blog d’Etienne Mineur que je n’avais pas visité depuis quelques temps, ma lecture s’est arrêtée sur le lien vers un article sur le graphisme publié par Articulo.ch, revue de sciences humaines qui a pour titre « Les avant-gardes et leur relation avec le pouvoir dans le champ du graphisme et de la typographie » dont l’auteur est Vivien Philizot, des Arts Décos de Strasbourg, rédacteur et graphiste de la revue Livraison.

Le temps me manque pour commenter ici l’article, très intéressant – merci Etienne – mais discutable. En bute sur la même question lancinante que je me permets de caricaturer d’une formule (pardon Vivien) : « Le graphisme d’auteur n’existe pas, un graphiste est un mercenaire quoi qu’il fasse et quoi qu’il en pense ».

J’ai également quelques soucis avec ce propos déterministe :
« De nos jours, le domaine du graphisme peut être abordé du point de vue, d’une part, des auteurs ayant capitalisé suffisamment de prix, commandes prestigieuses, sollicitations en matière d’édition et de publication de leurs propres travaux, et d’autre part, des semi-auteurs et des exécutants, alimentant le plus gros de la production graphique (catalogue pour des grandes surfaces, communication d’entreprise, publicité, etc.) et ne bénéficiant pas de la même reconnaissance. Il est inutile de préciser que chaque graphiste occupe ici une place distincte et distinctive au sein d’un espace toujours en mouvement, théâtre de luttes entre écoles, studios, agences, graphistes-auteurs, et sujet à des ajustements constants. Ces prises de positions ne sont bien évidemment pas le résultat d’un choix délibéré, mais plutôt le produit de contraintes externes au champ du graphisme, comme le contexte économique et l’inscription des agents dans un réseau de relations constitué dès le début du cursus dans le secondaire – Beaux-arts, université, Arts décoratifs, IUT – déterminant consécutivement la possibilité d’accès à des positions plus ou moins proches des élites, donc plus ou moins gratifiantes et reconnues, et autorisant la revendication d’une pratique d’auteur, libérée de toute contrainte. »

Par contre, l’article aborde de front les relations tendues entre typographie moderniste et fascisme et la volte-face opérée par Tschichold.

Bonne lecture

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