« Honni soit qui mal y pense…

Dieu et mon droit. » Telle est la devise du :

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Le Royal College of Art de Londres est, comme le sont le Werkplaats Typografie ou la Jan Van Eyck Academie, une école que vous, étudiants de l’Erg et d’ailleurs, peuvent parfaitement ambitionner de rejoindre après vos études supérieures.

Comme vous le lirez ci-dessous dans l’article que Catherine Guiral (actuelle étudiante à la RCA) nous a très généreusement rédigé, le choix entre deux années d’études supplémentaires ou se proposer sur le marché du travail ne se pose pas vraiment car au sortir d’un master de ce niveau il serait étonnant que vous ne trouviez pas très rapidement un job. De plus ces études font l’objet de bourses non négligeables.
Ces obstacles étant levés, c’est bien au-delà de ces questions que le bénéfice d’une telle formation se situe. Mais je laisse la suite à Catherine…

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Bonjour à toutes et tous,

Renaud m’a très gentillement demandé il y a quelque temps déjà (pardon pour le retard!) d’écrire un papier sur les études postgrades au Royal College of Art.
Je vais m’adresser particulièrement à ceux et celles qui voudraient tenter l’aventure des Masters en Angleterre, j’espère aussi donner envie aux autres, ou en tout cas, susciter la curiosité et l’intérêt pour ce parcours post-bachelor.
Bien sur tout ceci reste un avis purement personnel, les expériences sont comme les écoles, différentes, et il s’agit surtout de trouver chaussure à son pied et ne pas s’embarquer dans un cycle qui serait à priori prestigieux mais ne correspondrait pas au final à vos attentes.

Rapide historique, le Royal College of Art est le seul établissement d’art en Angleterre qui propose exclusivement des Masters ou Mphil ou PhD. Contrairement à la Central St Martins ou le London College of Communication qui eux, par exemple, proposent aussi un cycle de Bachelor. Vous serez donc immergé uniquement avec des étudiants qui ont soit un BA, soit déjà un MA mais veulent explorer d’autres voies.
J’emploie le verbe explorer sciemment car pour moi le Masters c’est vraiment ca. Pas une coquetterie, certainement un luxe (vu le niveau de vie à Londres !), mais surtout une façon de pousser plus loin et différement les acquis du Bachelor. La plupart des élèves ici ont déjà un solide bagage et un bon savoir-faire ; mais ne pas se fier aux apparences, les gens sont surtout selectionnés par les chefs de departements parce que leur profil plaît, qu’ils (elles) ont autre chose à apporter au College qu’un simple « salut c’est moi, je maîtrise photoshop, où c’est que je me pose? ».

Parlons en particulier du Departement de Communication (aussi appelé CAAD pour Communication Art And Design). Sa tête pensante, Dan Fern, met surtout l’accent sur la ‘personalité’ des élèves qu’il choisit. Sur ce qu’ils ont à apporter au departement, et comment ils formeront au final un groupe cohérent avec les autres élèves selectionnés.
Par rapport aux autres départements du Royal College, le département de CAAD est le plus large, environ 50 élèves. Comparativement, la CalArts à Los Angeles n’accepte qu’un maximum de 10 étudiants en MFA (Masters of Fine Arts, l’équivalent du Masters anglais) et, autre comparaison, le departement de Design Products au RCA a lui un total de 35 élèves, 1re et 2e années inclus.
50, ça peut donc paraître énorme mais il faut savoir que le département est ‘partagé’ entre la section Illustration, la section Graphic Design et la section Moving Image.
En effet, durant les derniers 10 ans, l’idée était de ne plus introduire de segmentation et de mélanger plus les élèves. Prenant de l’avance sur le phénomène actuel de décloisonnement des disciplines, le CAAD voulait que ses élèves soient pluridisciplinaires et ouverts plutôt que spécialistes et cloîtrés dans leur chapelle respective. (ndlr, un peu comme l’Erg, non ?)
La nouvelle tendance est quand même de revenir au schéma classique. ((ndlr bis, un peu comme l’Erg, non ?) Trop d’élèves arrivent au Royal College en se disant qu’ils pourront faire n’importe quoi et appeler ça de la ‘Communication’. Bref, un illustrateur ne réfléchit pas comme un graphiste et inversement, et de vouloir mettre tout le monde sous la même bannière a ses limites.
Le débat reste ouvert, alors si vous avez votre pierre à amener à la discussion…

Donc, une fois que vous avez passé les épreuves de sélection, bien fait flipper vos profs et vos parents avec le stress de l’attente des résultats, vous voici à Londres, charmante capitale du Royaume Britannique.
Je ne vous ferai pas le coup de la carte postale cliché, Londres est bien plus et encore que ce l’on s’imagine. Très réelle est aussi la vie quotidienne ultra-chère et qui refroidit pas mal de candidats. Mais en tant que membre de l’Union Européenne, vous avez accès à des bourses qui payeront une partie de votre scolarité. Pour le reste, armez-vous d’un pote banquier parce que ca douille un peu au départ (c’est un euphémisme!). Cependant, comme toutes les villes, Londres n’échappe pas au dicton : si tu es riche ou étudiant, tout ‘baigne’. Of course.

Le Masters dure deux ans durant lesquels vous êtes immergé dans la vie artistique londonienne. Les studios sont là, prêts à être visités… les expos, les galeries, la vie, les réseaux. Mais vous connaissez déjà tout ca. La différence c’est vous. Vous avez sans doute envie de poursuivre des recherches entamées en bachelor, ne pas rester à la surface des choses, vous confronter à une autre vision de votre discipline.
Le Masters est donc un moment assez extraordinaire où, même si la première année reste très ‘dirigée’, vous êtes le seul maître à bord. Il faut oublier ses réflexes de Bachelor et (ré)apprendre l’autonomie. Au Royal College on ne vous dit pas quoi faire, mais comment le faire et surtout comment le surpasser.
Ca peut paraître tres prétentieux. Ca veut surtout dire que le Masters est fait pour consolider les bases et ouvrir à une pratique plus réflexive des choses.
Ces deux années passent comme un éclair. Au moment ou je l’écrit ca me fait même presque peur. C’est intense, beaucoup de travail, de rencontres entre les différents départements, de remise en cause.
Ca veut aussi dire que les élèves en Masters ne sont pas enfermés dans une tour d’ivoire, bien au contraire. La méthode anglaise est basée sur un solide équilibre entre recherches et applications. Quasi tous les jours tombent dans nos boîtes-aux-lettres des propositions de travail, des invitations a des conférences et parfois… on aimerait pouvoir se dupliquer. Et tout faire.

Pour conclure, je dirai que faire un MA à Londres c’est s’offrir une parenthèse enchantée. Au-delà de la pression et du travail qui existe (MA ne rime pas avec farniente), il y a toutes ces possibilités qui ne sont peut-être qu’entre-apercues en Bachelor.
Et quelle est la différence entre faire 2 ans de plus ou rentrer directement sur le marché du travail ? Et bien, pour certains c’est avoir la possibilité d’enseigner plus tard, pour d’autres c’est s’être donné le temps (et demandez à Renaud, c’est un bien très précieux et enviable !). Ca ne vous rendra pas meilleur si vous ne le voulez pas. Vous ne serez pas différent d’un élève de l’Ecal ou de la Werkplaats. Vous aurez juste choisi de venir à Londres, faire un parcours dans une des meilleures écoles qui a autant à vous offrir que vous avez à lui offrir (si ce n’est plus).

Et puis si! faire un Masters ca peut vous rendre différent, sinon ca n’existerait pas.
Encore une fois, c’est surtout ce que vous faites de vos deux années de Masters qui feront la différence. Si c’est juste pour prendre des vacances, oubliez.
Mais si vous êtes motivé(e)s, alors il n’y a que des avantages, vraiment.
Bon courage donc !

ps- des questions ? branchez vous sur le site du RCA et si jamais, je peux aussi venir répondre sur ce blog. Merci !

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Bonus track : la vidéo d’interviews détudiants de la RCA que Catherine a réalisée en complément de l’article.

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MERCI CATHERINE !!!!!!!

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2 commentaires pour ″« Honni soit qui mal y pense…″

  • le 5 décembre 2006 a 11:17

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    merci! c’est très intéressant… voire tentant… c’est gai d’entendre un son de cloche « de l’intérieur »

  • « xavier darcos »
    le 12 juin 2007 a 1:06

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    chère Catherine
    on ne dit pas « gentillement » d’habitude, mais peut-être que vous si, mais on écrit : « gentiment »…

    Je voulais gentiment te le souffler…