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Pansaers

L’édition que Thibaut Meltz et Alexandru Balgiu viennent de mettre en forme pour le compte de la collection Cheval Vapeur, du Novénaire de L’attente, ce poème que Clément Pansaers adresse à un fils « conçu non incarné », durant les neuf mois de sa conception, cultive un sens savant et savoureux du détail spirituel et revendique l’esprit de liberté de l’écrivain pré-dadaïste, jugez plutôt :

« 1 Thibaud vend des chaussures le lundi,
le mardi et le mercredi. Alex enseigne le jeudi
et le vendredi. Le reste du temps, ensemble
ou séparément, ils collectionnent des livres
et parfois les mettent en page. 2 Cette fois,
c’est grâce à Renaud et François, arrivés à cheval.
C’est donc un samedi que Novénaire de l’attente
fut conçu. Précisément, c’était un mercredi
lorsqu’il s’est incarné (à cette époque Thibaud
vendait des chemises le lundi, le mardi et le samedi
tandis qu’Alex enseignait le vendredi et le jeudi).
3 Clément attendait Ananga dans un numéro
de Résurrection. Le cheval? Un amas visible de fines
gouttelettes d’eau de condensation en suspension
dans l’atmosphère. Quant au livre, il devait avoir
le systole noble et diastole vulgaire. 4 Le format
de la collection? Retourné. Le pantone choisi?
Un vrai caca de bébé, qui mange de bons légumes.
Un mystérieux papier trouvé? Des chutes du Bar
Nicanor, lui-même imprimé en caractères sépia
sur papier orangé. Pourquoi? Dada. 5 Le feu
gazouillait. Il était temps de dessiner quelques lettres
échappées d’un générique de Michelangelo Antonioni
lors d’une virée nocturne, et de récupérer dans
un carton égaré à l’ouest de Beverly Hills une
variété abrupte de Courier, au duodénum généreux.
6 La chasse, désormais constante, faisait jouer
les délicats alinéas avec une joyeuse systématique.
Une boîte de garaldes acérées fut achetée pour
Fabrice (afin qu’il note ses notes, Clément lui a prêté
son monogramme décomposé—recomposé).
7 À l’heure du goûter (toujours ce même mercredi),
un gâteau du douanier Rousseau fut mangé avec
une délicieuse absurdité tandis que quelques miettes
s’étaient glissées entre les pages en un mystérieux
hommage à un exégète gourmand. 8 Et puis tout
le reste (du livre) on l’a entassé sur la quatrième.
C’est Matthieu (il a préféré le sandwich Sodebo) qui
l’a goulûment imprimé pendant qu’Olivier (manteau
cuir noir, 110 kilos) regardait le match de rugby.
9 C’était un vendredi. »

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Coup de dés

f8.highresf13.highresf14.highresf15.highresf16.highresInvention de la typographie en tant que capacité de l’écrit à s’inscrire dans l’espace de la double page, Un coup de dés, jamais n’abolira le hasard est aussi comme l’aboutissement des obsessions cryptiques et numériques du poète Stéphane Mallarmé.
Une sorte de partition tragique de l’événement, entre aléatoire, l’autre nom de la factualité, et nécessité de la fiction. Un bateau perdu dans une mer de tempête et qui tenterait de s’en remettre aux constellations, au ciel, et à un coup de dé. Une sorte de cérémonial du chiffre, du décompte, et de la lecture, malgré la perte de la forme normée du ver régulier.

Du Livre, cette entreprise Mallarméenne de livre absolu et cérémoniel dont Un coup de dés est peut être l’aboutissement, il ne reste que des notes éparses. Des fragments qui démontrent la volonté de Mallarmé de soumettre les conditions matérielles du livre, son prix, son nombre d’exemplaires, son nombre de signes par page, son nombre de pages, de volumes… aux opérations du calcul arithmétique et singulièrement au nombre douze, celui symbolique de l’alexandrin…
Du coup de dés on a bien sûr l’original imprimé mais aussi des merveilleuses épreuves de correction (illustrations) qui montrent tout l’attachement du poète à la rythmique de la forme typographique, des blancs, des marges, des interlignes, de l’écume du texte.

Une forme sourde du décompte qui se réaliserait, selon Quentin Meillassoux, à l’ombre du texte, autour d’une forme de message cryptique. Un code cryptographique qui se construirait autour du chiffre 7, constellation du septuor, septentrion final, peut être le chiffre « qui ne peut être semblable à aucun autre », fruit du lancer de dé réel de Mallarmé, et que le poème rejouerait.
Dans le texte, deux « comme si », soit comme le Si, septième note de la gamme, encadrent le « proche tourbillon », peut être un genre de zéro « 0 », dessinant un obscur 707. 707 mots se décomptent jusqu’au verbe « sacre ». Le texte s’achève sur une morale de sept mots : « Toute pensée est un coup de dés. »

Merci à l’Esa Npdc Cambrai pour ce précieux lien

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écholalie

Valiz_2011_Content_NED_26-0Entre questions de genres de l’expression artistique sans doute éculées et effet de chambre d’écho des fonctions de médiation de l’exposition et du graphisme, exposer le graphisme ne va pas de soi.
Le n° 11 de Graphic proposait une série d’édifiantes Ideas of design exhibitions en 2009.
Dans le dernier étapes, Étienne Bernard défend l’idée que : « plutôt qu’exposer simplement une affiche, un livre ou une identité, il faut ancrer la collaboration du graphiste dans un projet. Le lieu d’art devient alors un contexte de production graphique ».
Reading forms revient agiter cette question en forme d’écholalie en venant exposer en ligne les expositions de graphisme…

Illustration :
During the Exhibition the Gallery Will Be Closed – Contemporary Art and the Paradoxes of Conceptualism ; essai de Camiel van Winkel ; graphisme Sam de Groot
Merci à Simon et Kevin pour ces liens.

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La flèche

186911124291111Dans son abécédaire, Gilles Deleuze évoque cette image nietzschéenne de la flèche qu’envoie le penseur et qui se fichera au sol avant qu’une nouvelle pensée ne s’en empare pour la relancer vers de nouveaux horizons.
Cette métaphore de l’aventure culturelle a séduit Kevin Gotkovsky et Célestin Krier qui ont eu envie de se mettre à l’épreuve de cette pratique jubilatoire et risquée, mais aussi généreuse, de la publication des matières de l’esprit. Ensemble, ils se sont mis à éditer quelques exemplaires d’un périodique format tabloïd, bien nommé La flèche, qui est comme la prise de notes joueuse, le carnet de bord nécessaire et subjectif de leur périple estudiantin au cœur des paysages artistiques et culturels.

« Il y a 20 000 ans environ, l’humanité est organisée en petits groupes de chasseurs cueilleurs, mais avec l’agriculture et la sédentarisation, ce mode de vie a presque totalement disparu.
Aujourd’hui, dans un contexte quelque peu différent, nous repartons à la recherche d’une nourriture plus spirituelle que calorique. Tendant notre arc à la manière d’un Walter Benjamin s’apprêtant à l’écriture, nous partons sur les traces de l’animal, trouvant en chemin quelques baies ou tubercules à cueillir. Notre territoire de chasse n’est plus la taïga paléolithique mais notre vaste paysage artistique et culturel.
Après quelques semaines de traque, décochant nos flèches et autres sagaies, nous terrassons enfin la bête. Vient ensuite le temps du dépeçage et de l’équarrissage, la bête est prête à être rapportée au reste du groupe. Là bas, elle sera agrémentée de quelques herbes sauvages, et partagée au cours d’un joyeux festin. »

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Grand papier

simonroussinGrand papier, cet indispensable support numérique de la bande dessinée prospective, avec par exemple le merveilleux Simon Roussin (illustration).

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LaFranceMorte2

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Figurez-vous



Figurez-vous…

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Minisubliminus

mini0mini01mini7mini3mini4mini5mini6minimini2Aurélien Mole aime intervenir sur la perception des lieux de collection et de circulation des connaissances : les musées, les bibliothèques…
Récemment, en parallèle de l’exposition Minisubliminus qu’il construisait dans le Musée de la Loire de la bonne ville de Cosne s/ Loire, il est intervenu auprès d’élèves du Collège voisin René Cassin, avec l’aide de Sacha Léopold et Thibaut Robin.
Il s’agissait de « mettre les collégiens au contact de différentes professions du livre (biblothécaire, conservateur de Musée, Photographe, graphiste…) », de « les faire travailler sur l’importance du rapport titre/image/texte. » et finalement de « faire une exposition invisible ».

Une méthodologie de production assez précise a été mise en place. Les élèves ont été « invités à choisir deux ouvrages à la médiathèque de la ville : un ouvrage qui leur tenait à cœur et un autre choisi pour la force d’évocation de son titre.
Ensuite ils ont eu à produire 3 images :
- L’une d’entre elles étant une image leur appartenant, réalisée sans contrainte.
- La seconde étant une image réalisée à l’intérieur du musée (sans contrainte autre que le lieu).
- La dernière étant l’image d’un objet du musée (nous avions préalablement sélectionné une quinzaine d’objets allant de l’éperon, à la statuette d’éléphant en passant par la plaque d’imprimerie) réalisée dans des conditions de studio photographique (ils pouvaient choisir la couleur du fond, la façon de disposer l’objet sur celui-ci, l’angle de prise de vue etc.).

Parmi ces 3 images, ils ont eu à en choisir deux.
- l’une a été utilisée pour créer une carte postale glissée dans le livre qui leur était cher (c’est certainement la partie la plus sentimentale du projet mais c’est une forme de compromis puisque cette « bouteille à la mer » a tout de suite suscité l’enthousiasme des collégiens).
- l’autre a été utilisée pour refaire la jaquette du second livre qu’ils avaient choisi. » avec les conseils et l’assistance technique de Thibaut et Sacha.

« L’exposition à la médiathèque étant quasiment invisible puisque les livres et leur nouvelle jaquette étaient remis dans les rayons » en pâture à la découverte des lecteurs…

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Iconodule

abboudiaboujaoude2abboudiaboujaoudeabboudiaboujaoude3abboudiaboujaoude4abboudiaboujaoude5abboudiaboujaoude6abboudiaboujaoude7Abboudi Abou Jaoude collectionne au Liban des affiches lithographiques du cinéma du monde arabe du milieu du siècle dernier, entre globalisation culturelle, sensibilité populaire et très masculine, visions plus ou moins occidentales d’un orient lascif et magique, et résurgence de tentations iconodules…
Photographies Afp/Joseph Eid

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BTP

BTP-cartesBTPBTP-specimenBTP-PaulAusterBTP-postersSi l’architecte a, comme on le sait, à voir avec l’ingénieur, le graphiste est aussi une sorte de technicien des surfaces visuelles.

Pour le numéro 195 du magazine Étapes, « Quelque part entre graphisme et architecture…», Jérémy Perrodeau et Guillaume Grall ont développé un caractère typographique facétieux nommé BTP, pour Building Type Publishing. Une typographie à la graisse unique et monolithique qui vient citer le fameux logiciel de rendu AutoCAD, si emblématique de la profession des ingénieux constructeurs poètes, sa police par défaut, son dessin vectoriel cassant…
La police est diffusée par la fonderie indépendante A is for Apple, animée par Émilie Rigaud.

La police est supportée par un livre specimen massif de 646 pages diffusé par l’éditeur en ligne Lulu. Sur demande auprès de Guillaume Grall, les trente premiers exemplaires du specimen seront accompagnés par quatre posters au format A1 dessinés par Maxime Fittes, Jeremy Perrodeau, Léo Pico et Benjamin Viallard (illustration 5) et d’une photographie au format A6 issue de la série des Maisons closes réalisée par Émilie Lamy (illustration 1). Qu’on se le dise…

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