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Catalogues

01_PrixFerandBaudin201004_PrixFerandBaudin201005_PrixFerandBaudin2010008_PrixFerandBaudin2010009_PrixFerandBaudin2010010_PrixFerandBaudin2010image-01prix-baudin_0image-03-prix_baudin_0image-06-prix_baudin_0_0111319Il y a toute une histoire exigeante des catalogues du Prix Fernand Baudin Prijs, entre français et néerlandais, sous la pression de cette demande extravagante de réaliser non seulement un livre des livres, mais encore un livre capable de rendre compte des plus beaux livres du moment…

le premier catalogue, réalisé par Salut public proposait pour l’édition 2008, entre tradition conceptuelle et volonté pédagogique, un abécédaire. Les livres choisis se démontaient analytiquement par la décomposition de leurs matières classées dans l’ordre alphabétique. L’opus autoréflexif, livre des livres, retournait malicieusement chaque ouvrage documenté, leur pli intérieur de reliure se rabattant sur la tranche externe de la page, la limite inframince de la séquence de l’ouvrage, pli à la française (ou à la japonaise, je ne sais jamais vraiment).
(illustrations 7 à 9)

Le second, réalisé par Speculoos{book}, questionnait plus spécifiquement l’abyme de la reproduction du livre dans le livre. La couverture jouait le papier carbone en reprenant de discrètes réflexions sur la perception et la conception de l’ouvrage. L’intérieur balançait entre mises en situation photographiques couleur, clinquantes et presque publicitaires des livres manipulés, et rendus frontaux fac-similés, échelle 1, en monochromie aux gris sourds. Puis la conclusion de trois cahiers aux couleurs du drapeau national venait précisément et drôlatiquement recadrer ce corpus baladeur dans un strict appareil scientifique de notes et de crédits…
(illustrations 10 à 12)

Pour la troisième mouture du catalogue c’est Manuela Dechamps Otamendi qui a pris le relais en proposant un dispositif étonnant et réflexif sous couvert de jeu compositionnel et coloré moderniste. Prisme fondamental rouge / blanc, structure typographique monumentale du cadre tout capitales, diagonale dynamisante.
Le catalogue qui nous a habitués à concentrer les matières de son objet vient ici, au contraire, se voir dilater et diffracter par ses références. Il vient s’inscrire dans les formats des onze ouvrages primés. Il vient épouser par massicotage et duplication, les formes de ses référents.
L’objet synthèse se déploie. L’attention se décadre et se concentre. L’ensemble joue de sa cohérence et de ses différences.
(illustrations 1 à 6)

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Appartement occupé

levequeleveque2leveque3leveque4leveque5leveque6leveque7Anne Moeglin-Delcroix s’est intéressée au livre d’artiste et à la façon dont le vieux format séculaire de la collection, de la réunion et de la médiation des connaissances est devenu un lieu et une forme de l’expression artistique.
Une expression artistique qui place sans doute plus encore que la photographie la question de la reproductibilité technique chère à Walter Benjamin au centre des nouvelles préoccupations artistiques. Une façon pour l’œuvre de tenter de se jouer de la question de l’unicité et de ses effets d’aura chère aux marchés et à toutes les volontés de pouvoir. Une occasion pour le graphisme de tenter de sortir des effets de surplomb des hiérarchies de l’art.

Illustrations : Dès 1994, après Mel Bochner, et sur un mode plus expressif et âpre, Claude Lévêque, avec Thierry Weyd et Didier Hochart, cédait à l’esthétique administrative et distanciée du classeur, longtemps avant sa récente réapparition fréquente, sans doute en hommage aux conceptuelles années soixante.
Appartement occupé, multiple tiré à 100 exemplaires, Emmetrop, 1994, Bourges.

Merci à François de nous faire profiter de ses découvertes.

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Critical corpus

bizarrischorn0bizarrischorn2bizarrischorn4bizarrischorn5bizarrischorn7bizarrischorn8bizarrischorn9bizarrischorn10bizarrischorn11Pour mettre en scène dans des livres, les matières âpres et très graphiques de Thomas Hischhorn, dont on oublie parfois qu’il démarra graphiste par la case Grapus, Thomas Bizzarri opte pour un graphisme de médiation frontal, affirmant paradoxalement avec brutalité son effacement structuré et typographique.

Très suissement, de la grosse linéale fonctionnelle en bas de casse, de modestes mais très denses blocs justifiés ou ferrés à gauche, de puissants alinéas, de grosses gouttières, des rectangles d’empagements qui rentabilisent l’espace de la page et refusent l’ornement du miroir du pli.
Puis des images presque éparpillées, collection de rebut, archives familiales, traces fragmentaires…

Illustrations : 1 à 5 It’s burning everywhere, Kehrer Verlag Heildelberg Berlin, Kunsthalle Manheim, 2011 ; 1, puis 6 à 9 Establishing a critical corpus, Jrp / Ringier, 2011

Merci à Lou pour ces livres.

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Schematic quarterly

issue5_aissue5_cissue2_aissue2_cissue3_bQuarterly, cela peut vouloir parler d’un imprimé plié en quatre grâce à un simple pli croisé. Cela peut vouloir parler de sa parution trimestrielle tous les quarts d’année. Cela peut vouloir parler de ses contenus écartelés…
Kimmy Eliott Fung et Ingrid Burrington imposent les abruptes géométries de Schematic Quarterly, comme son nom l’indique…

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Fantastic goodbye



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Le psychologue évolutionniste et cognitiviste américain Geoffrey Miller explique, dans son livre The Mating Mate, How sexual choice shaped the evolution of human nature, que l’évolution ne dépend pas seulement de la question de la lutte pour la survie (avec ses corollaires de compétition pour l’accès aux ressources, d’adaptation au milieu, de stratégies de défense ou de collaboration, etc).

Pour Miller le moteur de l’évolution se situe dans le procès de la concurrence sexuelle, c’est-à-dire, notamment, dans les efforts consentis pour séduire l’éventuel partenaire. Et c’est là que la question du design vient sur le devant de la scène, car les qualités qui donnent l’avantage dans la compétition sexuelle sont des signes. Des messages de l’ordre de la communication visuelle que Miller appelle des « indicateurs de bonne forme physique ».

Sera avantagé dans la compétition sexuelle, non celui qui possède de vrais avantages en quelque sorte en nature, mais celui qui paraît en avoir. Pour ainsi dire celui qui est bien designé visuellement ! Et cet effort stratégique de stylique visuelle relève d’un « prodigieux gaspillage » à priori peu fonctionnel voire handicapant ! Miller donne l’exemple des paons qui « seraient des animaux supérieurs s’ils n’avaient pas à dépenser autant d’énergie pour faire croître de grandes queues » mais aussi des hommes qui ont un cerveau « consommant énormément d’énergie et se répandant en comportements superflus comme la conversation, la musique et l’art ».

Avec ses derniers foulards et son diplôme de sortie de la Rietveld Academie, Killian Loddo poursuit dans sa fascination de la magie des images et des mystères du style qui occasionnent autant de dépenses artistiques inutiles et fournissent conséquemment autant d’indicateurs de bonne forme si précieux…

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L’écart absolu

IMG_2504journee_faucheux_1IMG_2510journee_faucheux_3Jeudi 27 octobre 2011, à l’École des beaux-arts de Toulouse, salle 108, se déroulera une Journée d’étude sur L’écartelage ou l’écriture de l’espace (d’)après Pierre Faucheux avec la participation de Jérôme Faucheux, Philippe Millot, Laurence Moinereau, Catherine Guiral et de votre serviteur.

Pierre Faucheux (1924-1999) aura été l’une des figures majeures de l’édition française après la seconde guerre mondiale. Renouvelant largement ce champ particulier du graphisme, Faucheux traversa la seconde moitié du XXe siècle en y laissant des empreintes multiples qui sont autant d’expérimentations revisitant les avant-gardes. Elles définissent un territoire large où se manifeste l’envie utopique de créer un « système des systèmes », ou « topologie dynamique généralisée ».

L’usage de notions comme la topologie et le territoire soulignent à quel point l’espace, dans ses acceptions multiples, est indissociable du travail de Faucheux. Il rencontre Le Corbusier en 1947 et ne cessera durant toute sa vie de circuler entre sa pratique de graphiste et ses travaux de mise en espace (scénographies d’expositions et collaborations avec des architectes). Se définissant comme un architecte du livre et comme un écrivain de l’espace, Faucheux pratiqua en quelque sorte cette figure chère à Charles Fourier et qui donna son titre, en 1965, à la 11e Exposition Internationale du Surréalisme : L’Écart Absolu.

Pour cette exposition dont il fut le scénographe, Pierre Faucheux réalisa un de ses premiers « écartelages ». L’image ainsi produite, visible sur le catalogue de l’exposition, s’y désarticule de manière infinie, définissant une géographie théâtralisée dans ses nouveaux replis. Poursuivant ses expérimentations d’assemblages, Faucheux dessine ici un espace des possibles qui est une formalisation toute personnelle de l’idée fouriériste d’écart absolu, à savoir un mode de pensée fondé sur une pratique de la contradiction, du contraste et du contre-pied.

Précisément, l’écart absolu, envisagé après Faucheux après Fourier, sera la figure de style et la méthodologie que suivra cette journée d’étude pour parler du livre, de l’édition et du graphisme, en les considérant comme des territoires faisant l’objet de recherches qui elles-mêmes jouent souvent du déplacement, du glissement, du grand écart.

En résonance avec la journée d’étude, l’exposition des livres des clubs du livre des années cinquante : Culture Clubs se tiendra du 28 au 30 octobre 2011 à l’école des Beaux arts de Toulouse.

Illustrations : OFFICEABC
Vous trouverez ici quelques pistes sur la maturation oblique de ces objets graphiques plus ou moins identifiables.

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TIALABTWCATBS

karinakarina2karina3karina4karina5karina7karina8François Havegeer continue à nous faire profiter de ses trouvailles.
Cette fois : There is a love affair between the White Cube and the Black Square d’Adriaan Mellegers, en 2011, pour Karina Bisch, artiste théâtrale et amatrice de graphisme de qualité.
De la grosse typographie grotesque en bas de casse, prise de soudaines envies d’apesanteur. Des images à la marge. Des pleins et des vides, des échelles des plans qui font jouer l’espace du livre. Des histoires de formes simples, d’essence de concentré de langage distordu, de tension et de décentrement des différents centres de l’image : centre des reproductions photographiques, centres du texte, centre géométrique du format ouvert, de la page, centre absolu du spectateur… Les vieilles théories modernistes de Rudolf Arnheim dans une page à l’état dépouillé de terrain vague…

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Präs Tropos

Präs-Tropos-SHORT01Präs-Tropos-SHORT02Präs-Tropos-SHORT04Präs-Tropos-SHORT07Präs-Tropos-SHORT09Präs-Tropos-SHORT12Präs-Tropos-SHORT19Quelques images d’un magazine regroupant les entreprises d’approche d’un projet, en l’occurrence l’identité visuelle d’un institut de recherche pointu qui examine les nuages, ou la troposphère pour être précis, mené par des étudiants de la classe System Design encadrée par les épatants Oliver Klimpel et Lina Grumm à la Hochschule fuer Grafik und Buchkunst de Leipzig.

Une façon de se rapprocher des institutions, de leurs employés, de leurs discours, de leurs histoires, de leurs outils, de leurs approches… par le biais de tentatives graphiques, de spéculations visuelles, « sinueuses », « non focalisées ». L’idée qu’il faut en passer d’abord par le développement d’un vocabulaire visuel qui puisse « fonctionner et inspirer » avant de décider de l’application d’un système visuel plus définitif. L’idée que ce sont les réponses, les formes en tant qu’idées, qui définissent les problèmes à résoudre…

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Emmanuel Martinet



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Emmanuel Martinet a obtenu cette année son Dnsep à l’Esad Strasbourg en s’intéressant aux interactions entre le livre et la musique. Le livre comme espace des virtualités. En l’occurrence déclencheur et opérateur de sons, table de mixage et sampleur.
Musique: Jean-Baptiste di Marco

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Marbled Dreams

BabakGhazi_web_instDavidOsbaldeston_web_instJackStrange_web_instJamesESmith_web_instMarbled dreams est un projet éditorial lancé par Tom Godfrey. Il s’agit d’un projet collaboratif conviant différents artistes à expérimenter le format dérivé d’un de ses projets de 2007 consistant en une rame de bête papier A4 machine marbrée sur l’un de ses côtés, je ne sais par quel procédé. Pour un peu se rincer l’œil sur des images à la page, entre normalisation des supports et bibliophilie…
Merci à Muriel pour ce lien.

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