Les centres de gravité du monde, de l’art – du monde de l’art – dérivent. La globalisation affole la boussole. L’Occident n’est plus, à lui seul, l’axe magnétique vers lequel les artistes convergent. Payam Sharifi est l’un d’eux, de ceux qui se choisissent d’autres horizons, de ceux qui pointent de l’index d’autres territoires à déchiffrer. En l’occurrence l’Eurasie.
Payam a un parcours à l’image de notre temps, il en est une des figures les plus remarquées. Fils d’émigrés iraniens du Texas, il choisit la France comme pays d’échange quand il est encore au lycée. Puis, c’est à Columbia (NYC) qu’il parfait son apprentissage de la langue et de la culture russes. Après une résidence à Saint Petersbourg, il rejoint le prestigieux Royal College of Arts de Londres où il se familiarise avec les formes graphiques et le design.
Il rejoint un temps le milieu de la mode et de la publicité à Paris avant de devenir consultant artistique d’un groupe financier russe possédant une marque mondiale de vodka. Entretemps, il aura aussi séjourné en Iran pour y étudier le Parsi, sa langue natale qu’il souhaitait maîtriser autant à l’écrit qu’à l’oral. C’est depuis Moscou qu’il coordonne les activités du collectif "Slavs and Tatars, faction polémique et intimiste consacrée à l’Eurasie".
En plus de Payam Sharafi, "Slavs and Tatars" est composé de l’historienne d’art (Cambridge) Victoria Camblin et des graphistes (Werkplaats Typografie) Boy Vereecken et Kasia Korczak. Alors qu’aucun n’a suivi de formation réellement artistique, c’est bel et bien sur le terrain de l’art que leurs contributions recevront le plus d’écho jusqu’à entrer aux collections permanentes du MoMA de New York.
Le site de Payam Sharafi que nous avons réalisé rend compte de la multiplicité des axes de ses interventions dont les essentielles, en dehors de l’activité de "Slavs and Tatars", sont des publications et conférences. La conception du site est basée sur la juxtaposition de deux surfaces A4 qui à l’écran se superposent partiellement. Une des deux surfaces se place à l’avant-plan de l’autre en fonction de l’emplacement de la souris. La surface de gauche constitue un sommaire dont les éléments sont détaillés et illustrés en surface de droite. La taille en A4 de ces surfaces renvoie à la dimension écrite, papier, de ses contributions dont le site fait essentiellement état.





